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Écrit sur du vent (Written on the Wind) est un film américain de Douglas Sirk, sorti en 1956.

Analyse

Kyle Hadley, fils d’un magnat du pétrole, rencontre un soir la magnifique Lucy qu’il enlève et épouse le soir même. Mais cette union va très vite tourner au cauchemar. Lucy ne se leurre par sur son mari qui, persuadé de son impuissance, se remet à boire. Son ami d’enfance Mitch est secrètement amoureux d’elle, tandis que Marylee, la soeur de Kyle, aime Mitch. Cette situation complexe va, un soir, tourner au drame.

Le scénario est tiré d'un roman de Robert Wilder, basé sur un fait réel : la mort par balle d'un membre d'une riche famille de planteurs de tabac, peu après son mariage avec une chanteuse. Ecrit sur du Vent propose une situation inextricable, amplifiée par l'argent. L'argent permet ici de nombreuses possibilités, car on peut faire des centaines de kilomètres en avion juste pour engloutir un sandwich et bien sûr, tout cela finit par enfermer au lieu de libérer. Le début du film annonce la couleur, le pétrole, la vitesse, l'alcool, la maison familiale trop grande, les mines graves et tourmentées des personnages, un vent d'automne comme un souffle au cœur et un avis de tempête, tout cela jette un prologue qui est aussi la fin. Le film est ensuite un long flash-back.

Sirk était assez satisfait de ce film, son "plus hardi". Il déclara y avoir glissé une ironie tragique, où le "happy end", la consolation du mélo ne viennent pas effacer le constat d'un "échec sale, totalement sans espoir". L'échec d'une certaine idée du bonheur individuel et matériel. Aux monstres Kyle et Marylee, Sirk oppose les deux monstres de vertu Mitch et Lucy. Fils d'un héros local, jouant du poing seulement quand il le faut, Mitch est un pur, opposé à Kyle. Un type si sexuellement omnipotent, face à un Kyle impuissant, qu'on lui attribue la paternité d'un enfant qu'il n'a pas conçu. Et puis Lucy, si peu intéressée et si troublée par le côté jeune coq de Kyle. Le film serait inhumain s'il prenait les personnages de haut, les ridiculisait, ce qui n'est pas le cas : Marylee a ainsi une chance de passer d'une caricature sexuellement agressive à une humanité. Elle et Kyle voudraient redevenir les gamins à peu près insouciants qu'ils étaient, près de la rivière. A la fin, la scène la plus marquante n'est pas le départ des tourtereaux, mais la vision de Marylee, condamnée à adopter la même position – de responsabilités – que son père sur le portrait derrière elle. Et à avoir en guise de consolation – comme la télévision de Tout ce que le ciel permet – un trophée phallique qui lui rappellera tout ce qu'elle a gagné et perdu.

Critiques de Jean Loth

Douglas Sirk a rendu poétique le luxe, anobli les choses neuves et brillantes, coloréeset laquées. Depuis la petite voiture jaune de Bob qui file dans la forêt, de puits de pétrole, jusqu'aux feuilles mortes qui viennent balayer le trop beau dallage blanc et noir de la trop belle maison, depuis l'hôtel rose et mauve de Miami jusqu'au louche petit bar où traînent les barbiquets que Dorothy prend au piège de sa robe rose, tout est choc visuel, plaisir glacé.

Comme François Reichenbach, Sirk a un oeil qui voit la couleur et qui sait la projeter. Le documentariste français a su élever les choses ordinaires. Le metteur en scène américain a rabaissé, humilié et humanisé les décors trop beaux.

La cuisine impeccable, la chambre somptueuse et l'aéroport de rêve sont des trompe-l'oeil La misère et l'indigence humaine ne sont pas forcément protégés par la Cadillac, les visions pastels et les boutons de manchettes de Winston. Les riches sont des salaud, bien sûr! Qu'est-ce qu'ils y gagnent? Sirk a su faire de ces compromis, de cette histoire sans valeur réelle, du très bon cinéma. Rien de plus et c'est déjà rare. Jean Loth, Cinéma, mars 1957.

Douglas Sirk, le réalisateur

Hans Detlef Sierck alias Douglas Sirk est un réalisateur et scénariste de cinéma né en Allemagne mais installé à Hollywood dès les années trente (26 avril 1897 Hambourg, Allemagne - 14 janvier 1987 Lugano, Suisse).

Ses premiers films réalisés en Allemagne sont signés Detlef Sierck.

Distribution

  • Rock Hudson : Mitch Wayne
  • Lauren Bacall : Lucy Moore Hadley
  • Robert Stack : Kyle Hadley
  • Dorothy Malone : Marylee Hadley
  • Robert Keith : Jasper Hadley
  • Grant Williams : Biff Miley
  • Robert J. Wilke : Dan Willis
  • Edward Platt : Dr. Paul Cochrane
  • Harry Shannon : Hoak Wayne
  • John Larch : Roy Carter
  • Joseph Granby : R.J. Courtney

Fiche technique

  • Titre original: Written on the Wind
  • Réalisation : Douglas Sirk
  • Production : Albert Zugsmith
  • Scénario : George Zuckerman d'après le roman de Robert Wilder
  • Musique original: Frank Skinner
  • Directeur de la photographie : Russell Metty
  • Directeur artistique : Robert Clatworthy, Alexander Golitzen
  • Montage : Russell F. Schoengarth
  • Sortie: décembre 1956 (USA)
  • Durée: 102 minutes

Récompenses

  • Dorothy Malone remporte l'Oscar 1957 de la meilleure actrice dans un second rôle
  • Robert Stack est nommé pour l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle
Reproduction possible des textes sans altération, ni usage commercial avec mention de l'origine. .88x31.png Credit auteur : Ann.Ledoux