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La Boulangère de Monceau est un court métrage français d'Éric Rohmer, sorti en France en 1963. C'est le premier volet du cycle des Six Contes moraux.

Analyse

Nous sommes en juin, dans le quartier de Villiers. Le narrateur, étudiant en droit, prépare ses examens. En allant dîner, il croise souvent Sylvie, une jeune fille blonde et élégante, employée dans une galerie de peinture. Malgré les encouragements de son camarade Schmidt il n'ose l'aborder. Un jour cependant, s'étant heurtés par mégarde, ils engagent la conversation et promettent de se revoir. Mais, dès lors, Sylvie demeure invisible.

Pour la retrouver, le narrateur sillonne le quartier, en particulier le marché de la rue de Lévis. Il prend l'habitude de se fournir en sablés dans une boulangerie de la rue Lebouteux dont la vendeuse lui témoigne un vif intérêt Jour après jour, des relations de complicité s'établissent entre eux. Le narrateur finit par lui demander de sortir avec lui. La boulangère accepte. Mais en se rendant au rendez-vous, le narrateur rencontre Sylvie, la cheville bandée, appuyée sur une canne. Le lendemain de leur conversation, elle s'est fait une entorse et a passé trois semaines dans son appartement situé en face de la boulangerie. De sa fenêtre, elle a assisté aux allées et venues du narrateur et croit en être la cause. Le jeune homme se garde bien de la détromper. Renonçant au rendez-vous avec la boulangère, il emmène Sylvie au restaurant et l'épouse quelques mois plus tard.

Tandis que le narrateur est à la recherche d'une femme, il en rencontre une autre qui accapare son affection jusqu'au moment où il retrouve la première. C'est sur ce schéma que seront construits les six Contes moraux. Dans le premier, cette structure s'expose le plus clairement, du fait de la simplicité et de la concision de l'histoire. L'action et le périmètre parcouru étant réduits au minimum, c'est la voix off du narrateur qui occupe le ceur du film. En moins d'une demi-heure, le réalisateur arrive à dévoiler, au-delà de la fadeur apparente du séducteur, un tempérament joueur, arrogant, manipulateur. Ce personnage aimant à (se) raconter des histoires est le prototype du héros rohmérien. Il ne cessera de jalonner l'univers de ce cinéaste qui dit : " On ne ment pas assez souvent au cinéma."

Distribution

  • Barbet Schroeder : narrateur
  • Bertrand Tavernier: voix du narrateur
  • Claudine Soubrier : Jacqueline
  • Michèle Girardon : Sylvie
  • Fred Junk : Schmidt
  • Michel Mardore : client boulangerie

Fiche technique

Source: Wikiafilm:La_Boulangère_de_Monceau
Reproduction possible des textes sans altération, ni usage commercial avec mention de l'origine. .88x31.png Credit auteur : Ann.Ledoux