Recherchez sur ce site

Sommaire (edit)

Le cinéma

Liens

Développé grâce à: pmwiki.org

Changements Récents Version imprimable Edition

Péril en la demeure , film français de Michel Deville, sorti en 1985.

Analyse

David Aurphet, un professeur de guitare un peu marginal, se voit sollicité pour donner des cours à Viviane Tombsthay la fille d'un couple très aisé. L'épouse, Julia, poursuit David de ses assiduités. Il succombe facilement. Le couple semble vivre un adultère banal lorsque David reçoit par la poste une cassette vidéo où sont enregistrés ses ébats intimes avec Julia. Il met dans la confidence Edwige qui possède un magnétoscope (ce qui est rare en 1983) et habite une maison en vis-à-vis de la demeure des Tombsthay.

Dans le même temps, David, victime d'un agresseur, doit son salut à un étrange tueur à gages, Daniel Forest. Celui-ci avoue que sa mission consiste à éliminer Graham Thombsthay et à s'emparer de précieux microfilms. En outre, il met David en garde contre Julia et lui confie un revolver. En l'absence de son mari, Julia invite son amant à son domicile. David arrive. Surprise : Graham est là pour le tuer. David utilise son revolver, Graham s'écroule. Julia conseille à David de disparaître et il trouve refuge chez Edwige. Celle-ci lui montre avec un enregistrement vidéo que c'est Julia qui a tué Graham. Abasourdi, David rentre chez lui où il trouve Daniel, arme au poing. David le tue, cache le cadavre et usurpe son identité avant de partir à la recherche de Viviane.

Avec Péril en la demeure, Michel Deville renoue avec le film policier à tendance érotique abordé en 1979 avec Eaux profondes, sans cesser d’être fidèle à l’esprit des comédies sophistiquées de ses débuts. Une maison bourgeoise, un mari inquiétant, une épouse perverse, une adolescente sortie d’une toile de Balthus constituent le cadre assez classique de ce genre d'exercice.

Dans la demeure voisine, une fausse boiteuse hitchcockienne qui passe son temps à épier. Un marginal innocent, professeur de guitare tombe dans les rets de l’enjôleuse, secouru et conseillé par un tueur à gages fatigué, décidé à s’humaniser, c’est-à-dire courant à sa perte. Une histoire de manipulation par le sexe avec un côté irréel, hors des contingences de la vie quotidienne.

Michel Deville joue avec virtuosité des situations ambiguës et des personnages troubles en un montage savant qui use d’ellipses en virtuose. Péril en la demeure est un exercice de style trépidant dont on a constamment l’impression qu’il est filmé à une vitesse légèrement supérieure à celle du cinéma courant.

Le réalisateur filme ces eaux troubles avec une parfaite élégance. Désespoir feutré, frustration corrosive, éclat aveuglant de la séduction, tout s’enchaîne avec une virtuosité qui ne craint pas les ruptures de ton, les scènes comiques ou les instants surréalistes. Le film sera distingué par un Prix Méliès de la critique française et par un césar du meilleur réalisateur.

Distribution

  • Christophe Malavoy : David Aurphet
  • Nicole Garcia : Julia Tombsthay
  • Michel Piccoli : Graham Tombsthay
  • Anémone : Edwige Ledieu
  • Richard Bohringer : Daniel Forest
  • Anaïs Jeanneret : la fille
  • Hélène Roussel : la mère

Fiche technique

  • Réalisation : Michel Deville
  • Scénario : Michel Deville, Rosalinde Dammame, d'après le roman Sur la terre comme au ciel de René Belletto, publié en 1982
  • Dialogues : Michel Deville
  • Photographie : Martial Thury
  • Montage : Raymonde Guyot
  • Production : Emmanuel Schlumberger pour Éléfilm, Gaumont, TF1 Films Productions
  • Durée : 100 minutes
  • Date de sortie : 13 février 1985
  • Césars 1986 : César du meilleur réalisateur, Meilleur montage (Raymonde Guyot)
  • Prix Méliès 1986 du Syndicat Français de la Critique

Source: Wikiafilm:Péril_en_la_demeure

Reproduction possible des textes sans altération, ni usage commercial avec mention de l'origine. .88x31.png Credit auteur : Ann.Ledoux