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Analyse critique

Bénéficiaire d'un non-lieu, Thérèse Desqueyroux, prévenue de meurtre sur la personne de son mari Bernard, revient en voiture à Argelouse, sa propriété ; elle cherche comment aborder Bernard et lui expliquer son geste, car elle a réellement tenté de l'empoisonner et il le sait, (mais il a préféré faire un faux témoignage pour l'honneur de son nom).

Comme dans le roman, le film continue par un long flash-back qui reconstitue tout ce qui précède le procès : Elle revoit son adolescence heureuse en compagnie d'Anne de Latrave pour qui elle éprouve un sentiment passionné et ambigu, bien que chaste, ses fiançailles avec Bernard Desqueyroux, le demi-frère d'Anne, et son mariage, le mariage de Thérèse Larroque, « la fille la plus riche des Landes, avec deux mille hectares de pins ». Déçue dès sa nuit de noce, elle découvre rapidement un Bernard sans une once d'imagination, sûr de ses jugements et de son bon droit, seulement préoccupé de son nom, des devoirs de sa caste, de sa santé et de sa fortune.

Elle revoie sa cruelle intervention pour détruire l'amour qui unit Anne à Jean Azévédo, jeune israélite bordelais; la naissance de sa fille Marie. Et ce jour où elle surprend son mari qui absorbe deux fois de suite un médicament à base d'arsenic, et les doses qu'elle augmentera chaque jour jusqu'à ce que le médecin découvre une ordonnance falsifiée et porte plainte.

Cette première partie dure environ les 2/3 du film. Quand elle revient, Bernard l'attend sur le seuil de la maison. Il menace, dicte ses volontés : aux yeux du monde elle devra paraître innocente et assister aux grandes cérémonies. Pour le reste du temps elle restera séquestrée dans sa chambre. Thérèse se laisse lentement mourir, elle ne se lève pas, ne mange pas, elle fume. Et c'est une sorte de morte qui assistera au mariage d'Anne avec un garçon " bien".

Pris de pitié Bernard lui rend la liberté. À Paris, à la terrasse d'un café, il lui demande une dernière fois la raison de son geste. Elle essaie d'expliquer, mais elle même n'a pas les pensées très précises. Il ne comprend pas. Il ne pourra jamais comprendre.

Ce film à dominante noire rend bien l'esprit du roman. Son intérêt est double. D'une part marquer l'opposition entre les idées modernes de Thérèse, et le milieu bourgeois et antisémite de sa famille et de sa belle-famille. Mais, d'autre part la complexité du caractère de Thérèse, qui n'a rien d'une révolutionnaire, et rend aussi difficile l'explication de son geste, pour le spectateur mais aussi pour elle même.

Les deux acteurs principaux sont remarquables. Emmanuelle Riva parfaite dans ce rôle tragique et Philippe Noiret, sobre, mais peut-être un peu trop "humain".

Distribution

  • Emmanuelle Riva : Thérèse Desqueyroux
  • Philippe Noiret : Bernard Desqueyroux
  • Sami Frey : Jean Azevedo
  • Hélène Dieudonné : tante Clara
  • Édith Scob : Anne de la Trave
  • Jacques Monod : Maître Duros
  • Lucien Nat : M. Larroque
  • Renée Devillers : Mme de Latrave
  • Jeanne Pérez : Balionte
  • Richard Saint-Bris : M. de Latrave

Fiche technique

  • Réalisation : Georges Franju
  • Scénario : Georges Franju et François Mauriac, d'après le roman de François Mauriac Thérèse Desqueyroux
  • Dialogue : Claude Mauriac
  • Directeur de la photographie : Christian Matras
  • Musique : Maurice Jarre
  • Montage : Gilbert Natot
  • Format : noir et blanc
  • Durée : 109 minutes
  • Date de sortie : 21 septembre 1962

Détail technique sur Imdb

Voir le film sur Youtube

Emmanuelle Riva et Philippe Noiret

Emmanuelle Riva et Édith Scob

Reproduction possible des textes sans altération, ni usage commercial avec mention de l'origine. .88x31.png Credit auteur : Ann.Ledoux