20 meilleurs films 2000-2020 de Télérama

De Cinéann.

Les 20 meilleurs films 2000-2020 pour Télérama, d'après la rédaction, et d'après les lecteurs

Les 20 meilleurs films d'après la rédaction de Télérama

Quinze journalistes de Télérama écrivant sur le cinéma ont participé à ce vote, chacun devant désigner quels étaient, selon lui, les vingt meilleurs films sortis en France depuis l’an 2000. Preuve de la diversité des goûts au sein de la rédaction, quelque cinquante-cinq films au total ont été choisis, certains cinéastes prolifiques (et particulièrement talentueux) comptant jusqu’à quatre de leurs œuvres citées.
La rédaction déclare: Que cela a été dur de choisir, La rédaction cinéma de Télérama a replongé dans vingt années d’intense création artistique pour désigner les vingt meilleurs films . Un palmarès dans lequel les productions françaises (cinq titres) et, surtout, américaines (neuf titres) se taillent la part du lion.


  • 1. Mulholland Drive, de David Lynch (2001)
    De Betty, la blonde ingénue, ou Rita, la brune amnésique, qui est l’élue des dieux hollywoodiens ? Qui est la fille perdue ? Le chef-d’œuvre de David Lynch, tout à la fois formidable satire de Hollywood, thriller accrocheur aux incroyables parenthèses burlesques, grand film d’angoisse et bouleversante histoire d’amour, tire aussi sa beauté de son mystère.
  • 2. A History of Violence, de David Cronenberg (2005)
    Dans une bourgade américaine typique, une famille exemplaire voit vaciller toutes ses certitudes à la suite de l’arrivée en ville de malfrats sanguinaires. Un Cronenberg brillantissime, qui commence comme un petit thriller parano et se termine en chef-d’œuvre d’ambiguïté. Intelligent, complexe et maîtrisé, comme on peut s’y attendre de la part du cinéaste de Toronto, mais aussi méchamment accrocheur de bout en bout.
  • 3. Drive, de Nicolas Winding Refn (2011)
    As du volant, Ryan Gosling (devenu une star grâce à ce rôle) roule pour Hollywood le jour (cascades) et pour les truands la nuit (braquages)… Sublimer le film de genre par la mise en scène, se jouer des clichés : Drive, faux road-movie, série B abstraite et glamour, polar punk qui débute comme du Michael Mann, avant de pencher du côté de Don Siegel, est la parfaite illustration de cette ambition.
  • 4. Un prophète, de Jacques Audiard (2009)
    L’éducation d’un petit voyou, en prison pour six ans : Malik apprend, s’adapte, trahit et prend le pouvoir… Un polar brillantissime et ironique : Jacques Audiard allie réalisme, lyrisme et brio à l’américaine, dans la lignée des grands films du Nouvel Hollywood des années 1970. Avec la révélation Tahar Rahim.
  • 5. In the Mood for Love, de Wong Kar-wai (2000)
    Hongkong, 1962, sur les pas d’une céleste élégante (Maggie Cheung) et d’un beau ténébreux (Tony Leung). Ce film a fait tant d’amoureux et connu un tel succès que son titre sonne désormais comme une formule magique, un sésame pour quelque paradis perdu. Carrousel de soyeux instants d’éternité, In the Mood for Love parcourt toutes les virtualités d’un amour impossible et mêle sensualité et mélancolie jusqu’au sublime.
  • 6. Parle avec elle, de Pedro Almodóvar (2002)
    Un journaliste et un infirmier, chacun au chevet d’une femme plongée dans un profond coma, se rencontrent dans une clinique et deviennent amis. L’amour fou autorise-t-il tout ? La loi du désir va-t-elle au-delà du bien et du mal ?… Comme James Gray, Pedro Almodóvar est resté à un niveau d’excellence constant (ou presque) depuis vingt ans. Même si on avoue une petite préférence pour Parle avec elle, où le cinéaste espagnol entrecroise quatre destins dans un mélo virtuose, fulgurant et humaniste sur le don absolu de soi.
  • 7. Memories of Murder, de Bong Joon-ho (2003)
    Dans un village, un serial killer tue des jeunes filles vêtues de rouge. Un inspecteur de Séoul vient prêter main forte à la police locale pour l’enquête. Avec le temps, le polar décalé de Bong Joon-ho, entre horreur et drôlerie, est passé de bonne surprise à grand classique du cinéma coréen et film référence du courant « néo-noir ».
  • 8. Vice-versa, de Pete Docter et Ronnie del Carmen (2015)
    Qu’est-ce qui se passe dans la tête d’une adolescente ? Un chaos pas possible orchestré par la peur, le dégoût, la joie, la tristesse ! Avec beaucoup d’humour et pas mal d’émotions, les studios Pixar offrent une vraie réflexion sur la construction de l’identité avec des trouvailles graphiques étonnantes.
  • 9. Les Plages d'Agnès, d’Agnès Varda (2008)
    Plus de cinquante ans après ses débuts derrière la caméra, la regrettée Agnès Varda (1928-2019) replongeait dans ses souvenirs pour en tirer un carrousel fastueux et festif. Une autobiographie filmée inventive et bouleversante.
  • 10. Melancholia, de Lars Von Trier (2011)
    Une dépressive (Charlotte Gainsbourg) attend la fin du monde comme une délivrance ; sa sœur (Kirsten Dunst) ne s’y résout pas. En 2001, Lars von Trier abandonnait pour une fois son sens de la provocation et sa misogynie pour réaliser cette science-fiction poétique, somptueuse et poignante.
  • 11. Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino (2009)Dans la France occupée, des Juifs américains, des agents secrets et une patronne de salle de cinéma luttent contre les nazis. Le film de guerre brillamment (et ludiquement) revisité à la sauce Tarantino : gorgé de références cinéphiles, polyglotte, désarçonnant, antinazi mais germanophile… Et euphorisant.
  • 12. Elephant, de Gus Van Sant (2003)
    En 2003, le réalisateur de My Own Private Idaho s’inspirait de la tuerie du lycée de Columbine, dans le Colorado, survenue quatre ans plus tôt, et déjà abordée de façon plus polémique par Michael Moore en 2002. Pas vraiment pour se prêter au débat social, mais pour continuer son étude d’une mythologie de l’adolescence. Une envoûtante leçon de cinéma, Palme d’or à Cannes.
  • 13. Oslo, 31 août, de Joachim Trier (2011)
    Le temps d’une journée, un trentenaire fêtard, de retour dans la ville de ses frasques, solde ses années de jeunesse. Cette sublime balade norvégienne, jalonnée de références françaises, est librement adaptée du Feu follet, de Drieu la Rochelle. D’une beauté foudroyante et d’une lucidité perçante, le deuxième long métrage de Joachim Trier est une perle rare.
  • 14. 120 battements par minute, de Robin Campillo (2017)
    Le troisième film du trop rare Robin Campillo retrace les années Act Up à Paris au début de la décennie 90, et restitue avec fièvre et poésie la rage de vivre et d’aimer de militants et de malades du sida. Une fresque majeure qui, vision après vision, ne cesse de bouleverser, de bousculer et de galvaniser.
  • 15. Holy Motors, de Leos Carax (2012)
    Le cinéaste maudit des Amants du Pont-Neuf n’aura tourné que deux films en vingt ans. Le deuxième (Annette, une comédie musicale avec Marion Cotillard) est encore inédit, le premier sublime. Dans Holy Motors, un homme, transporté en limousine (Denis Lavant, acteur fétiche de Carax), endosse le temps d’une journée une multitude de rôles : banquier ventru, mendiante, tueur à gages… Un feu d’artifice visuel et romanesque, hommage vibrant au cinéma autant qu’au théâtre permanent de nos vies.
  • 16. Un conte de Noël, d’Arnaud Desplechin (2008)
    Une famille aux amours inexplicables, aux haines inexpliquées se réunit, pour Noël, à Roubaix… La férocité se mêle constamment à la tendresse dans ce chef-d’œuvre choral, superbe et fluide, au romanesque intense. Et de Catherine Deneuve à Mathieu Amalric, en passant par Jean-Paul Roussillon et Anne Consigny, quelle interprétation !
  • 17. Phantom Thread, de Paul Thomas Anderson (2018)
    Adepte des virages à 90 degrés entre deux films, l’audacieux auteur de There Will Be Blood et Inherent Vice avait quitté sa Californie pour le rude hiver britannique et l’univers glamour de la haute couture dans le Londres des années 1950. Où un créateur de mode (Daniel Day-Lewis, génial) et sa nouvelle muse (la révélation Vicky Krieps) s’unissent pour l’art, et se déchirent au quotidien. Un chef-d’œuvre de perversion, qui évoque autant Hitchcock que Visconti.
  • 18. La Nuit nous appartient, de James Gray (2007)
    Mélo contemporain (Two Lovers) ou en costumes (The Immigrant), film d’aventures (The Lost City of Z) et même thriller spatial (Ad Astra) : James Gray a enchaîné les merveilles depuis vingt ans. Mais on avoue une petite préférence pour La nuit nous appartient, où un flic éminent (Robert Duvall) et ses deux fils (Joaquin Phoenix, le mauvais garçon, et Mark Wahlberg, le gentil) se trouvent pris dans un piège infernal dans le New York des années 1980. Un polar somptueux, entre classicisme et modernisme.
  • 19. Match Point, de Woody Allen (2005)
    Après un début de millénaire plus que poussif, Woody Allen retrouvait sa verve et son immense talent pour cette fable cynique et brillante tournée à Londres, où un parvenu beau et veule est conduit au meurtre pour protéger sa position sociale. Manipulations et blessures assassines, scénario insolent, comédiens sexy (Jonathan Rhys-Meyers, Scarlett Johansson) : un régal.
  • 20. Vincere, de Marco Bellocchio (2009)
    À 70 ans, le vétéran du cinéma italien signait en 2009 son plus beau film : à travers le destin bouleversant d’Ida Dalser, la femme « cachée » de Benito Mussolini, mère de son enfant, c’est une allégorie de la justice (bafouée) que Bellocchio met en scène avec panache, où le regard clair de l’actrice Giovanna Mezzogiorno s’oppose aux mensonges d’État.

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Avis recueillis par Vodkaster

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