Carlos

De Cinéann.

Carlos ou , film français et allemand d' Olivier Assayas, sorti en 2010

Le film a d'abord été présenté à Cannes, hors compétition, dans une version de 5 h 30, puis diffusé en trois parties sur Canal+ les 19 mai 2010, 26 mai 2010 et 2 juin 2010. Le film, distribué par MK2, sort en salles le 7 juillet 2010 dans une version de 2 h 40.

Analyse critique

Le film retrace la vie d'Ilich Ramírez Sánchez alias Carlos. De la contestation révolutionnaire au terrorisme, sans oublier le terrorisme d'État.

Dans Carlos, série télé de 5h30, Olivier Assayas faisait de la carriè­re du terroriste un mélange détonant de réflexion sur le dévoiement du militantisme révolutionnaire et d'analyse, non moins passionnante, sur les liens entre terrorisme et raison(s) d'État(s).

La série rendait constamment intelligibles, et jamais rébarbatives, des données géopolitiques complexes. Cette complexité est un peu escamotée dans la version cinéma. Contraint de réduire son montage de plus de moitié, Assayas a sacrifié des pans entiers du scénario. Si la prise d'otages au siège de l'Opep, en 1975, demeure le sommet, toujours aussi impressionnant, du récit, plus aucune image des attentats en France ni des activités de Carlos dans les pays de l'ex-bloc de l'Est. L' inconvénient de ces ellipses narratives est la disparition de beaux moments de digression comme les séquences hongroi­ses et leurs parenthèses comiques, par exemple.

De tous les plans ou pres­que, Edgar Ramírez incarne toutes les contradictions de son personnage, séducteur et violent, charismatique et mégalo, meneur d'hommes et bouffon, tout en préservant sa part d'ombre. Carlos, la série et, plus encore, le film, lui doit beaucoup.

L'histoire de la vie d'Ilich Ramírez Sánchez alias Carlos (résumé)

Ilich Ramírez Sánchez est le fils d'un riche avocat communiste vénézuélien José Altagracia Ramírez-Navas et d'Elba Maria Sánchez, Ilich étant le patronyme de Lénine. Ses parents divorcent quand Vladimir a quatre ans, mais ils continuent de vivre sous le même toit où des maîtresses d’école marxistes viennent enseigner. Après cette instruction primaire à domicile, il fréquente le lycée Fermin Toro à Caracas, rejoint le Mouvement des jeunes du Parti communiste en 1959 et assiste à la troisième Tricontinental Conference en janvier 1966 avec son père. Cette même année, ses parents divorcent.

En 1968, son père tente d'inscrire Ilich et son frère à la Sorbonne, mais un responsable du KGB le détecte auparavant parmi les recrues, et il opte finalement, grâce à une bourse obtenue par le Parti communiste du Venezuela, pour l'université Patrice-Lumumba à Moscou, un établissement destiné à former les élites du Tiers-Monde. Il se rend ensuite à un camp d'entraînement de guérilla tenu par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), à Amman, Jordanie.

En 1973, il prend les commandes du Front populaire de libération de la Palestine - Opérations externes (FPLP-OE) dont il était sympathisant, et prend alors le surnom de Carlos.

Le 30 décembre 1973 à Londres, Carlos tente d'assassiner Joseph Sieff, homme d'affaires juif, PDG de Marks & Spencer. À la suite de ces événements, il se réfugie en France. En 1974, il revendique une série d’attentats à Paris : explosions à la voiture piégée devant les locaux parisiens de L'Aurore, de Minute et de L'Arche. Le 15 septembre 1974, une grenade américaine de type M 26 est lancée dans l'enceinte du Drugstore Saint-Germain, attentat qui fait deux morts.

Le 13 janvier 1975, il tente une attaque au lance-roquettes RPG-7 dans l'aéroport d'Orly. Il tire sur un Boeing 707 de la compagnie El Al, la compagnie nationale israélienne de transport aérien, mais rate sa cible. L'avion n'explose pas et la roquette s'écrase sur une voiture. La seconde roquette transperce un Douglas DC-9 yougoslave. Le 19 janvier 1975, Carlos revient à Orly avec deux autres personnes, ils récupèrent un bazooka caché dans les toilettes et gagnent la terrasse de l'aéroport. Alors qu'ils s'apprêtent à viser un avion de la compagnie El Al, ils sont repérés et prennent dans le hall deux personnes en otage. Ils demandent et obtiennent un avion pour partir à Bagdad. Cette attaque fait 21 blessés.

Le 27 juin 1975, il abat Raymond Dous et Jean Donatini, deux inspecteurs de la DST, et Michel Moukharbal, un informateur libanais, rue Toullier à Paris. Un troisième policier, Jean Herranz, commissaire de la DST, est grièvement blessé.

Le 21 décembre 1975, il organise et dirige la séquestration de 11 ministres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à Vienne, lors d'une rencontre des dirigeants au siège de l'organisation.

L'opération est menée par un groupe de six personnes dirigé par Carlos, prenant soixante-six otages. Les terroristes, accompagnés de quarante-deux otages, se voient octroyer un avion de ligne Douglas DC-9 et partent en direction d'Alger. Neville Atkinson, ancien pilote de la Royal Navy et pilote personnel de Mouammar Kadhafi au moment des faits, est alors chargé de transporter une partie des terroristes à Alger où ils débarquent, et où trente otages sont libérés. L'avion part ensuite en direction de Tripoli, débarquant d'autres otages, puis retourne à Alger où le reste des otages est libéré et où les terroristes obtiennent l'asile.

Carlos quitte rapidement l'Algérie pour la Libye, puis pour le Yémen du Sud, à Aden. Recherché par toutes les polices occidentales, il s'installe à Beyrouth. Il quitte le Liban en 1982, à la suite de la défaite des Palestiniens. Il reste discret jusqu'à l’arrivée d’une lettre à l’ambassade de France de La Haye, le 26 février 1982. Authentifiée par deux empreintes digitales de son pouce, cette lettre exige la libération de son bras droit Bruno Bréguet et de sa compagne Magdalena Kopp, arrêtés dix jours auparavant à Paris avec plusieurs kilos d’explosifs, prêts pour un attentat à la voiture piégée devant l'ambassade d'un émirat arabe que Carlos voulait faire chanter.

Par la suite, une série d'attentats à la bombe destinés à obtenir leur libération va toucher la France : dans le train Capitole Paris-Toulouse le 29 mars 1982 (5 morts, 77 blessés), une voiture piégée devant le siège du journal Al-Watan al-Arabi le 22 avril 1982 rue Marbeuf à Paris (un mort, 63 blessés), dans le TGV près de Tain-l'Hermitage et à la gare Saint-Charles de Marseille le 31 décembre 1983 (5 morts et 50 blessés).

Le 1er juin 1992, il est condamné en France à la réclusion à perpétuité par contumace pour le meurtre des deux policiers de la DST et de leur informateur commis le 27 juin 1975.

Le directeur adjoint de la DST, Jean-François Clair, apprend de la CIA que Ilich Ramirez Sanchez se trouve au Soudan courant 1994. Prenant contact avec les services soudanais, qui nient que le terroriste se situe sur leur sol puis qui le reconnaissent, la DST mène une enquête pour le localiser. Le 14 août 1994 à Khartoum, la DST, dirigée alors par le préfet Philippe Parant, parvient à le faire enlever sur ordre de Charles Pasqua alors ministre de l'Intérieur, sans mandat d'extradition et avec le soutien du gouvernement soudanais, puis à le ramener, anesthésié, dans un avion militaire qui atterrit à l'aéroport de Villacoublay. Il est incarcéré en France à la prison de la Santé le 15 août 1994.

L’instruction de son affaire est assurée par le juge Jean-Louis Bruguière. Sa défense est préparée par les avocats Jacques Vergès, Mourad Oussedik et Martine Tigrane avec l'aide du banquier pro-palestinien François Genoud.

Son procès débute le 12 décembre 1997 et se termine le 24 décembre 1997. Il comparaît pour une seule affaire, le triple assassinat remontant au 27 juin 1975, les autres étant encore à l’instruction à ce moment-là. Il est reconnu coupable, condamné par la justice française à la réclusion criminelle à perpétuité. Un nouveau procès s'ouvre le 7 novembre 2011 pour 4 attentats commis entre 1982 et 1983, pour lesquels il réfute toute implication. Sa défense est assurée devant la cour d'assises spéciale par Isabelle Coutant-Peyre et Francis Vuillemin, avocats au barreau de Paris. Il est condamné le 15 décembre 2011 à une nouvelle peine de perpétuité assortie d'une période de sûreté de 18 ans. Rejugé en appel, il est condamné à la même peine le 26 juin 2013.

Distribution

  • Édgar Ramírez : Ilich Ramírez Sánchez, dit Carlos
  • Alexander Beyer : Lieutenant Wilhelm Borostowski
  • Razane Jammal : Lana Jarrar
  • Anna Thalbach : Inge Viett
  • Susanne Wuest : Edith Heller

Fiche technique

  • Titre complet  : Carlos, Le Terroriste qui fit trembler le Monde ou Le Prix du chacal
  • Réalisation : Olivier Assayas
  • Scénario : Olivier Assayas et Dan Franck, sur une idée originale de Daniel Leconte
  • Producteur : Daniel Leconte
  • Photographie : Denis Lenoir et Yorick Le Saux
  • Montage : Luc Barnier et Marion Monnier
  • Durée : Version télé en trois parties 330 minutes
  • Version cinéma : 160 minutes
  • Dates de sortie : 19 mai 2010 sur Canal+ et 7 juillet 2010 en salles
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