Cloverfield

De Cinéann.

Cloverfield , film de science-fiction produit par J. J. Abrams, réalisé par Matt Reeves, et sorti en 2008.

Analyse critique

New York - Une quarantaine de ses amis et relations ont organisé chez Rob une fête en l'honneur de son départ pour le Japon. Parmi eux, Hub, vidéaste d'un soir, chargé d'immortaliser l'événement. La "party" bat son plein lorsqu'une violente secousse ébranle soudain l'immeuble. Les invités se précipitent dans la rue où une foule inquiète s'est rassemblée en quelques instants.

Une ombre immense se profile dans le ciel, un grondement sourd se fait entendre... et la tête de la Statue de la Liberté s'effondre brutalement sur la chaussée. L'attaque du siècle vient de commencer. Au petit matin, Manhattan ne sera plus qu'un champ de ruines.

Le format choisi donne surtout à l'ensemble un curieux effet de réalité : l'image fantôme du 11 Septembre ne cesse de hanter Cloverfield. En prime se cache une plus-value romantique : par fragments surgit, sous le film qu'on est en train de voir, le home movie tourné quelques jours plus tôt et que l'enregistrement du cataclysme efface. Il s'agit d'une journée romantique à la fête foraine de Coney Island, un petit bout de bonheur, déjà balayé par l'horreur. Montrer d'un même mouvement l'avant et l'après-catastrophe : effet glaçant garanti. C'est la vieille notion du palimpseste, manuscrit gratté recouvert par un nouveau texte, en matière de cinéma fantastique.

Pour commencer, une longue scène d'exposition uniquement là en vue de ménager l'effet de surprise sur lequel l'histoire proprement dite commencera. Déjà le jeu des deux films superposés (Coney Island et la Party) intrigue le spectateur; Sans oublier le tout début où l'on apprend qu'on est en fait au Département des Renseignements, et que l'on visionne un document essentiel concernant l'affaire "Cloverfield".

La caméra bouge beaucoup, surtout au début, mais pas de quoi avoir le mal de mer. Par la suite on est plus pris par l'histoire et l'action que les mouvement de la caméra.

Pour ce qui est de l'histoire, au vu la bande annonce, on pouvait craindre à un remake de Godzilla. On en est pas loin, mais la "vue intérieure" donne vraiment une autre dimension à ce film. On notera la qualité des acteurs malgré qu'ils soient totalement inconnus.

Quand au monstre, on est loin des gros lézards ou des gros singes traditionnels. On notera quelques scènes de panique assez bien rendues quoique trop rares.

Les effets spéciaux numériques (belles bestioles, jolies explosions) sont bien là, mais l'image tremble, tressaute (pas facile de cadrer en courant), la psychologie est réduite au minimum et à l'invraisemblable : faire marche arrière pour sauver une girlfriend au trente-sixième étage d'un gratte-ciel éventré.

Le procédé a beau être systématique, il se révèle efficace et riche : il ramasse l'action, facilite la proximité avec les héros anonymes et débarrasse le script de toute explication. « On ne sait pas ce que c'est, mais c'est en train de gagner », lâche un militaire.

La dernière image, assez rigolote, donne bien le ton de ce qu'a été le film : ni un film d'angoisse, ni un film d'horreur, ni un film d'action, mais un divertissement sympathique, léger, assez amusant, sans vraies surprises, ni bonnes ni mauvaises. Pour un film qui, semble-t-il, avait tout misé sur l'effet de surprise, c'est sûrement la vraie seule surprise...

Par ailleurs, le film Cloverfield n'a pas de bande originale ! La première apparition d'un thème se fait à la toute fin du générique.

Bad Robot, la société de production de J. J. Abrams, ayant acquis en 2003 les droits cinématographiques de la nouvelle L'Appel de Cthulhu (1926) de Howard Phillips Lovecraft, Cloverfield est une libre adaptation moderne de l'œuvre du Maître de Providence.

En février 2007, Paramount Pictures lance secrètement le projet « Cloverfield » qui doit être produit par J. J. Abrams, réalisé par Matt Reeves, et écrit par Drew Goddard d'après un projet initial de J. J. Abrams. Le casting fut également conduit dans le plus grand secret, sans qu'aucun script ne soit envoyé aux candidats.

Cloverfield est, comme d'autres films avant lui à l'origine d'un buzz sur Internet... Alors que personne n'était au courant de ce projet, un teaser "choc" nous plongeant une fête new yorkaise perturbée par de gigantesques explosions fait rapidement le tour de la toile en juillet 2007. Il ne dévoile alors rien de l'intrigue mais précise toutefois le nom du producteur (J.J. Abrams, le créateur de Lost) et la date de sortie. La caméra subjective inspirée du Projet Blair witch et l'ampleur des effets spéciaux provoquent alors un engouement jamais vu dans les forums du web, les internautes s'efforçant de percer le mystère de cette force mystérieuse s'apprêtant à dévaster la grande pomme.

Distribution

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Fiche technique

  • Réalisation : Matt Reeves
  • Scénario : Drew Goddard
  • Producteur : J. J. Abrams
  • Production : Bad Robot
  • Distribution Paramount Pictures
  • Durée : 84 minutes
  • Date de sortie : 18 janvier 2008 (USA) ; 6 février 2008 (France)


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