Cyclone à la Jamaïque

De Cinéann.

Cyclone à la Jamaïque (A High Wind in Jamaica) film américain de Alexander Mackendrick, sorti en 1965

Analyse critique

Au XIXe siècle, à la suite d'un terrible cyclone à la Jamaïque, des colons anglais décident d'envoyer leurs enfants par bateau en Angleterre. En cours de route, le bateau est attaqué par un navire pirate commandé par Chavez. Les enfants se retrouvent embarqués à l'insu des pirates sur leur bateau et devront vivre avec eux les différents péripéties de leurs aventures. Peu habitué à de tels passagers, le capitaine Chavez finit par s'humaniser à leur contact alors que l'équipage pense que les enfants leur portent malheur .

Le film constitue à l'époque une nouvelle et originale dimension du film d'aventures maritime. Les conventions du genre sont insidieusement détournées pour déboucher sur une réflexion non dénuée de cruauté, sur l'enfance, l'apprentissage de la vie, la civilisation et l'innocence. Inversant ainsi toute vision manichéenne, le film d'Alexander Mackendrick complique la relation entre enfance et âge adulte, sauvagerie et civilisation, une relation qui ne peut être dissociée des rapports de classe.

Le film se clôt sur une note dramatique qui lui donne aujourd’hui encore toute sa saveur. Certes séduisants, les enfants se transforment à chaque fois qu’ils interviennent en bourreaux, provoquant non seulement des catastrophes qui mettent en danger les adultes, mais condamnant également ceux qu’ils chérissent le plus par leur maladresse. Plus insidieux qu’il y paraît de prime abord, le spectacle se mue donc progressivement en conte cruel et cinglant.

Les principaux acteurs sont remarquables, les enfants très bien dirigés, Anthony Quinn, pour une fois tout en nuances, et James Coburn restituent, chacun pour ce qui le concerne, une de leurs meilleures incarnations.

« Cyclone à la Jamaïque, c’est l’hommage du cinéma à Stevenson et à Daniel Defoe, la concrétisation de nos rêves hantés par les cocotiers et les brigands à la jambe de bois, l’éblouissante illustration du cimetière marin, l’irrésistible envie de s’endormir au creux de la vague, de s’y laisser voguer à travers vent et marée. Et les couleurs qui évoquent la chaude palette du Moonfleet de Fritz Lang, la figure de proue retournée qui ressemble à une tête de mort, la terreur d’un cuisinier chinois superstitieux… toute la grande symphonie de l’aventure, lyrique, romantique, éperdue, beuglée à pleine poitrine avec, pour refrain, le bruit du ressac et le cri du guetteur. »
Nouvelles littéraires, 1965

Distribution

  • Anthony Quinn : Chavez
  • Deborah Baxter : Emily
  • James Coburn : Zac
  • Dennis Price : Mathias
  • Lila Kedrova : Rosa, patronne du Tampico Bar
  • Nigel Davenport : Mr Thornton
  • Isabel Dean : Mme Thornton
  • Kenneth J. Warren : Capt. Marpole
  • Ben Carruthers : Alberto

Fiche technique

  • Titre original : A High Wind in Jamaica
  • Réalisation : Alexander Mackendrick
  • Scénario : Stanley Mann, Ronald Harwood, Denis Cannan, d'après le roman homonyme de Richard Hugues
  • Photographie : Douglas Slocombe
  • Musique : Larry Adler
  • Montage : Derek York
  • Production : John Croydon (20th Century Fox) USA / Grande-Bretagne
  • Durée : 103 minutes
  • Date de sortie : 16 juin 1965


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