Guerre d'Algérie

De Cinéann.

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La Guerre d'Algérie se déroule de 1954 à 1962 et débouche sur l'indépendance de l'Algérie, colonie française de 1830 à 1848, puis partie intégrante du territoire de la République.

Cette « guerre » est surtout, sur le plan militaire, une guérilla. Elle oppose les forces françaises dans toute leur diversité, faisant cohabiter commandos de troupes d'élites (parachutistes, légionnaires), forces de maintien de l'ordre (gardes mobiles, CRS), appelés du contingent et supplétifs indigènes (harkis, moghaznis) aux troupes indépendantistes de l'Armée de libération nationale (ALN), branche armée du Front de libération nationale (FLN) d'encadrement politico-administratif (CNRA et CCE).

La "bataille d'Alger" (janvier-septembre 1957) est un des épisodes de la guerre dite de "pacification", durant lequel le général Massu anéantit la section algéroise du F.L.N., responsable de nombreux actes terroristes anti-colons à Alger. Durant cette période, de nombreux débats secouaient la métropole : des militants d'extrême-gauche et de gauche aidaient les membres du FLN et dénonçaient la torture, alors que des militaires dénonçaient les hésitations des hommes politiques et souhaitaient le retour de de Gaulle au pouvoir.

Militairement gagnée par la France en 1959 (opération Jumelles), elle est politiquement remportée par le mouvement indépendantiste en 1962. Elle se double d'une guerre civile et idéologique au sein des deux communautés, donnant lieu à des vagues successives d'attentats, assassinats et massacres sur les deux rives de la Méditerranée. Côté algérien, elle se traduit par une lutte de pouvoir qui voit poindre la victoire du FLN sur les partis algériens rivaux, notamment le MNA (Mouvement national algérien) et par une campagne de répression contre les harkis soutenant le statu quo du rattachement de l'Algérie à la République française.

Par ailleurs, elle suscite côté français l'affrontement entre une minorité active hostile à sa poursuite (mouvement pacifiste), une seconde favorable à la révolution (les « porteurs de valises »), et une troisième ralliée au slogan de l'« Algérie française » (Front Algérie Française, Jeune Nation, OAS). Cette guerre s'achève à la fois sur la proclamation de l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet 1962 suite au référendum d'autodétermination du 1er juillet prévu par les accords d'Évian du 18 mars 1962, sur la naissance de la République algérienne le 25 septembre et sur le rapatriement du million de Français vivant en Algérie.

La Guerre d'Algérie reste longtemps un sujet tabou au cinéma en France: à l'exception de Jean-Luc Godard avec Le Petit Soldat (1963), interdit plusieurs années, il faudra attendre la fin des années 1960 pour que des films plus francs, plus nets, et accusateurs, signés par des cinéastes non français, apparaissent, comme La Bataille d'Alger de l'italien Gillo Pontecorvo (tourné en 1966, interdit en France jusqu'en 1970) ou Le vent des Aurès de Mohammed Lakhdar-Hamina.

Les films

Ces films sont contemporains de la guerre

  • 1954 : Une nation, l'Algérie de René Vautier
  • 1958 : Djamila l'Algérienne (Djamilah) de Youssef Chahine
  • 1958 : L'Algérie en flammes de René Vautier
  • 1960 : Le Petit Soldat de Jean-Luc Godard (sorti en salles en 1963 seulement)
  • 1961 : J'ai huit ans de Yann Le Masson documentaire de 8 mn
  • 1961 : Octobre à Paris de Jacques Panijel
  • 1961 : Les Oliviers de la justice de James Blue
  • 1961 : Le Combat dans l'île de Alain Cavalier

Après le conflit, seul Alain Resnais, Agnès Varda ou Jacques Rozier en France osent aborder le sujet, dans des films où la guerre est seulement évoquée de façon indirecte.

Des films comme Les parapluies de Cherbourg peuvent paraître bien éloignés de films comme ceux de Vautier, Boisset ou Drach, mais à l'époque, en 1964, il apparait qu'il était impossible d'aller plus loin dans le traitement de la guerre au cinéma.

  • 1962 : Cléo de 5 à 7 d'Agnès Varda
  • 1963 : Adieu Philippine de Jacques Rozier
  • 1963 : La_Belle_Vie de Robert Enrico
  • 1964 : Muriel, ou le Temps d'un retour d'Alain Resnais
  • 1964 : Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy (allusion légère, mais explicite à la question des appelés en Algérie)
  • 1964 : L'Insoumis d'Alain Cavalier avec Alain Delon
  • 1964 : L'Amour à la mer de Guy Gilles
  • 1966 : Les Centurions de Mark Robson d'après Jean Larteguy
  • 1966 : La Bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo
  • 1966 : Le Vent des Aurès de Mohammed Lakhdar-Hamina
  • 1970 : Élise, ou la vraie vie de Michel Drach
  • 1971 : Avoir 20 ans dans les Aurès de René Vautier
  • 1973 : R.A.S. de Yves Boisset
  • 1975 : Chronique des années de braise de Mohammed Lakhdar-Hamina (ce film ne parle pas de la guerre , mais de la période 1944-1954 qui voit se développer les ingrédients qui conduiront au conflit)
  • 1977 : La Question de Laurent Heynemann, film clé sur la réalité de la torture pendant le conflit
  • 1982 : L'Honneur d'un capitaine de Pierre Schoendoerffer
  • 1986 : Les Folles années du twist de Mahmoud Zemmouri
  • 1988 : Cher frangin de Gérard Mordillat
  • 1991 : La Guerre sans nom de Bertrand Tavernier
  • 1994 : Les Roseaux sauvages de André Téchiné
  • 1996 : Mon capitaine, un homme d'honneur (Marciando nel Buio) de Massimo Spano
  • 1997 : Vivre au paradis de Bourlem Guerdjou

À partir de 2000, la production devient plus abondante, comme si le temps était venu de lever enfin les tabous:

Voir aussi

Outils personnels

Le cinéma de Nezumi; les artistes contemporains / Randonnées dans les Pyrénées

Les merveilles du Japon; mystérieux Viêt Nam; les temples et des montagnes du Népal ; l'Afrique