Heureux mortels

De Cinéann.

Heureux mortels (This Happy Breed) film britannique réalisé par David Lean, sorti en 1944.

Analyse critique

Dans la première scène du film, en 1919, on voit Frank Gibbons entrer dans sa maison, vide, pour emménager. Au dernier plan, il la quitte, en 1939, en la laissant vide.

À la fin de la Première Guerre mondiale, Frank Gibbons retrouve sa femme et ses trois enfants. Il emménage avec sa femme Ethel, ses enfants, la tante Sylvia et la grand-mère Flint, au 17 Sycamore Road, à Clapham dans la banlieue de Londres. La maison est divisée rationnellement pour permettre à chacun d'avoir une pièce à sa convenance. Le petit chat Percy n'est pas oublié, il occupe l'arrière-cour.

Entre ces deux guerres, vingt ans s’écoulent durant lesquels David Lean nous montre la vie des Gibbons, et des Mitchell, leurs voisins. Les grands faits historiques sont ressentis sur fond d'événements familiaux, à travers les gestes de la réalité banale: les fêtes de la victoire, l'exposition de 1924, la mort de George V, les troubles sociaux, le retour de Chamberlain.

Les Gibbons et les Mitchell marient leurs enfants Reg et Phyllis. Le bonheur est brusquement assombri par la mort de Reg, à la suite d'un accident de voiture. Queenie Gibbons, qui a trouvé du travail dans un salon de beauté, quitte sa famille pour suivre un homme marié dont elle est amoureuse. Déçue, elle rentre à la maison. Elle épouse Billy Mitchell qui est devenu marin. Le jeune couple a un bébé que Queenie confiera à ses parents lorsqu'elle décide de rejoindre son mari à Singapour.

Frank et Ethel ont vieilli. Ils trouvent que leur grande maison est bien vide. Ils décident alors de quitter le 17 Sycamore Road et de s'installer à Londres. On sent peser les menaces d'un nouveau conflit mondial.

Souvent drôle, toujours enlevé, à la manière d’une pièce de théâtre, « Heureux mortels » se montre parfois émouvant. Il faut rappeler qu’il est tiré, tout comme Brève rencontre d’une pièce de Noel Coward. En tête d’un casting parfait, le père, homme parfait doux et aimant, parfois sarcastique incarné par le génial Robert Newton et la mère, femme forte et sévère, avec ses enfants comme avec son mari, incarnée par l’émouvante Celia Johnson qui incarne son personnage tout en nuances.

Filmé en technicolor bien que datant de 1944, le film surprend par le modernisme de son scénario et de ses dialogues avec en particulier ces femmes qui controlent tout alors que le père suit le courant. Si cette utilisation de la couleur est en effet encore balbutiante, Lean se révèle plus libre avec sa caméra, notamment dans l’utilisation des panoramiques. Il gère parfaitement la relative unité de lieu du film, la maison, en filmant ses scènes de façon plus ou moins serrées selon les interactions et leur lieu. Lean tire ainsi parti de l’exiguïté des pièces et son utilisation du cadre dans le cadre pour certaines scènes gomme un peu l’origine théâtrale du sujet.

Distribution

  • Robert Newton : Frank Gibbons
  • Celia Johnson : Ethel Gibbons
  • Amy Veness : Mrs. Flint
  • Alison Leggatt : Tante Sylvia
  • Stanley Holloway : Bob Mitchell
  • John Mills : Billy Mitchell
  • Kay Walsh : Queenie
  • Eileen Erskine : Vi
  • John Blythe : Reg Gibbons
  • Guy Verney : Sam Leadbitter
  • Laurence Olivier : le narrateur

Fiche technique

  • Titre : Heureux mortels
  • Titre original : This Happy Breed
  • Réalisation : David Lean
  • Scénario : Anthony Havelock-Allan, David Lean et Ronald Neame, d'après la pièce de Noël Coward]
  • Images : Ronald Neame
  • Musique : Muir Mathieson et Clifton Parker
  • Production : Noël Coward et Ronald Neame, pour Noel Coward-Cineguild
  • Pays d'origine : Royaume-Uni
  • Format : Couleur (Technicolor) - 1,37:1
  • Durée : 114 minutes
  • Date de sortie : 1er juin 1944


Retrouvez tous les détails techniques sur la fiche IMDB

Heureuxmortels.jpg

Outils personnels

Le cinéma de Nezumi; les artistes contemporains / Randonnées dans les Pyrénées

Les merveilles du Japon; mystérieux Viêt Nam; les temples et des montagnes du Népal ; l'Afrique