Katsuya Tomita

De Cinéann.

Katsuya Tomita (jap 富田 克也 Tomita Katsuya), réalisateur japonais né en 1972 à Kôfu, Préfecture de Yamanashi, Japon

Biographie

Katsuya Tomita crée le collectif Kazoku en 2001 avec Toranosuke Aizawa et Yoshiko Takano.

Il tourne son premier film Above the clouds en 8mm sur trois ans le weekend avec ses amis. Il fait ses trois premiers films hors des circuits de production professionnels, en tournant et montant le week-end et les jours chômés, avec une bande d’amis qui eux aussi travaillaient en semaine. Et tous les portraits de l’auteur précisaient ce fait, à la sortie de Saudade, film qui révélait son existence hors de la sphère du cinéma autoproduit à Tokyo : Katsuya Tomita était alors chauffeur routier, transporteur pour des chantiers dans le bâtiment.

Il raconte plusieurs histoires, dans la petite ville de Kofu : la vie mélancolique d’un ouvrier du bâtiment, celle de sa copine esthéticienne qui devient politicienne, celle par bribes de la communauté des métis brésiliens au Japon, revenus au pays inhospitalier après deux ou trois générations d’émigration, et celle d’un jeune rappeur passant de la mécréance poétique à la croyance nationaliste la plus haineuse. Dans les films de Tomita, la question du mauvais devenir en passe par la croyance.

Il dit qu’il ne faut pas croire, c’est sa mystique à lui. Rencontrer la foi, c’est mourir (l’apprenti moine en milieu yakuza de Above the Clouds). Croire en ce monde, c’est boire à ses sources polluées, l’argent et le profit (les petits voyous capitalistes de Off Highway 20, les riches clients japonais et maquereaux thaïlandais des bordels de Bangkok Nites). Et croire en son pays, c’est tuer (le crime raciste de Saudade). Ne plus rien croire, c’est déjà échapper au destin, mais ça ne suffit pas au bonheur.

Ces films comportent des morceaux de récits mis en rapport avec le reste du monde, qu’une mondialisation permanente agite, où il n’y a pas d’ici ni d’ailleurs, et qui continue de défiler, envahit la narration quand le film quitte son bout d’histoire pour regarder ailleurs, pour retourner partout. Un lien secret, maléfique, unit les fragments de vie à ce monde qui devrait les contenir, mais ne fait que les abandonner en route. C’est ce lien que les films de Tomita décrivent, cette violence, qu’il ne transforme en beauté que pour nous aider à ne plus croire en ses mensonges.

Le film Saudade est présenté au Festival international du film de Locarno 2011 puis au Festival des trois continents 2011 où il remporte la Montgolfière d'or du meilleur film.

Le film Bangkok Nites est présenté au Festival international du film de Locarno 2016.

Filmographie

Distinctions

  • 2011 : Prix Mainichi du meilleur réalisateur pour Saudade.
  • 2011 : Montgolfière d'or au Festival des trois continents 2011 pour Saudade.
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Bangkok Nites
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