Kennedy et moi

De Cinéann.

Kennedy et moi film français réalisé par Sam Karmann, sorti en 1999.

Analyse critique

Simon Polaris est un écrivain en panne. En panne d’inspiration et de volonté. Il traine son ennui dans sa maison entre une femme avec qui il ne fait plus l’amour et qui le trompe et des enfants dans lesquels il ne se reconnait pas. Dans cet environnement peu attrayant, Simon se déplace en trainant les pieds et en grognant mollement.

Son comportement commence alors à devenir bizarre. Isolé dans son bureau, Simon passe le temps, à mille lieues du livre qu'il doit écrire. Apathique et désabusé, il se rend chez son psychothérapeute pour lui faire part de son désir d'en finir. Mais dans la poche de pantalon du psychothérapeute persiste un dernier mystère : une montre qu'aurait porté John Kennedy le jour de son assassinat.

La crise de la cinquantaine est un sujet courant dans le cinéma français. C’est un vaste thème observé sous toutes les facettes. La distribution est intéressante, le ton du film est plus léger que véritablement déprimé.

Mais de nombreux autres thèmes sont abordés avec ironie. L'angoisse de l'écrivain devant la panne d'inspiration est traité dans une sorte de mise en abyme, car le film se termine par l'écriture par Simon de sa propre aventure qui est narrée dans le film.

Le milieu médical est largement étudié et les "spécialistes" dont les seuls surcroits de compétences résident dans l'aménagement intérieur de leur cabinet, la longueur de l'attente et le dépassement d'honoraires sont raillés avec acuité.

L'opposition des générations est abordée ici à contre-courant, car la jeune génération semble préoccupée de carrière, de position sociale et de réussite matérielle, en face de cinquantenaires désenchantés et vivant au jour le jour, au gré de leurs pulsions.

Le titre du film est une allusion à une montre qui aurait appartenu à Kennedy et que Simon parvient à obtenir par ruse. Loin d'être un simple MacGuffin, cet épisode introduit une réflexion sur le destin et sur la chaîne possible qui relie mystérieusement deux individus que rien ne semble rapprocher. Simon en profite pour rechercher dans les vidéos de l'époque des preuves éventuelles de la véracité de cette histoire de montre. Histoire vraie ou simple truc de psychanalyste qui se retourne contre lui, ni le roman, ni le film ne tranchent...

Karmann (dont c’est le premier long-métrage après un court : Omnibus qui avait ramassé une flopée de prix, notamment à Cannes et aux Oscars) a le bon goût de donner le rôle de Simon à Bacri. Ce dernier arrive, sans trop de difficulté à rendre plutôt sympathique cet agacé permanent. De plus, Karmann donne par moment à Simon une voix off. Un processus qui apporte une touche ironique qui fuse et fait rire doucement.

L' épatante Nicole Garcia, dans le rôle de sa femme, pallie à l’excès de grognerie de Simon. Elle parvient souvent, par un geste ou un regard amusé, à alléger un peu ce qui pourrait constituer le misérabilisme du personnage de Bacri..

Distribution

Fiche technique


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