L'Assassinat du père Noël

De Cinéann.

L'Assassinat du père Noël , film français de Christian-Jaque, sorti en 1941

Analyse critique

En Savoie, tout un village blotti dans la neige vit dans les préparatifs de Noël, notamment le père Cornusse, qui fabrique des globes terrestres et conte des histoires. L'imagination de Cornusse est débordante. À côté de lui, cousant des robes de poupées, rêve sa fille, Catherine. Celle-ci cache un secret : l'amour qui la lie au jeune baron, personnage mystérieux, qui intrigue les villageois par son passé de voyageur et par sa main droite dissimulée sous un gant. Le bruit court qu'il est lépreux, propagé par Villard, l'instituteur, qui soupire vainement pour Catherine.

Comme tous les ans, Cornusse se costume en père Noël. L'idée lui vient de passer au château, où il trouve Catherine essayant d'extraordinaires robes anciennes que lui offre le baron pour le bal de l'auberge. Catherine se sauve, le baron achève de griser Cornusse, revêt sa houppelande, et laissant le bonhomme endormi, va retrouver Catherine.

Or, l'église du village possède un trésor : l'anneau de Saint-Nicolas, diamants de grande valeur. Le père Noël monte la garde près de la crèche, ce qui n'empêche pas qu'on subtilise le joyau, que le père Noël disparaisse et qu'on le découvre peu après, assassiné. Ce n'est ni Cornusse, ni le baron, mais un inconnu dont le complice se cache parmi les villageois.

Les gendarmes arrivent enfin, heureux d'avoir mis la main sur Ricomet, le pharmacien, moins blanc que la neige de cette histoire. Tout se calme, le bonheur de Catherine et du baron peut s'épanouir en pleine lumière. Remis de ses émotions et redevenu pour la circonstance Père Noël, Cornusse va offrir solennellement à un petit malade le plus beau globe terrestre qu'il a pu trouver.

La poésie, la sensibilité et le mystère qui se dégagent du roman de Pierre Véry trouvent ici une expression parfaite. Le cheval d'un cavalier tué jadis qui galope à travers la tempête, le brave Cornusse qui raconte des récits de voyages fabuleux, un jeune noble mélancolique et la jolie Catherine en mal d'amour. Tous ces personnages mais aussi les enfants émerveillés participent à la magie délicate qui enveloppe cette enquête policière dans le huis clos du village isolé par la neige.

Pourtant financé par la compagnie à capitaux allemends, la Continental, le film se conclut par un étonnant dialogue entre Cornusse et le petit Christian, qui a été interprété comme une métaphore: Une princesse endormie mais bien vivante (la France) et un prince charmant qui un jour la réveillera (de Gaulle).

Distribution

  • Harry Baur : le père Cornusse
  • Raymond Rouleau : le baron Roland
  • Renée Faure : Catherine
  • Marie-Hélène Dasté : la mère Michel
  • Robert Le Vigan : Léon Villard
  • Fernand Ledoux : le maire
  • Bernard Blier : le brigadier de gendarmerie

Fiche technique

  • Réalisation : Christian-Jaque
  • Scénario : Charles Spaak, Pierre Véry d'après son roman homonyme
  • Photographie : Armand Thirard
  • Montage : René Le Hénaff
  • Musique : Henry Verdun
  • Producteur : Alfred Greven
  • Société de production : Continental-Films
  • Durée : 105 minutes
  • Date de sortie : 16 octobre 1941
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