L'amour est un crime parfait

De Cinéann.

L'amour est un crime parfait , film français et suisse de Arnaud et Jean-Marie Larrieu, sorti en 2013

Analyse critique

Professeur de littérature à l'université de Lausanne, Marc a la réputation de collectionner les aventures amoureuses avec ses étudiantes. Quelques jours après la disparition de l'une d'entre elles qui était sa dernière conquête, il rencontre Anna qui cherche à en savoir plus sur sa fille disparue.

Le désir, le paysage et la mort : les frères Larrieu se sont déjà faits les chantres de cette trinité païenne. Cette fois, ils choisissent le thriller, en adaptant un roman de Philippe Djian. Où l’angoisse ne se départ jamais tout à fait de la fantasmagorie grotesque. On se retrouve dans la tête du pauvre don Juan sous pression, harcelé par tous, sauf par la police. Les Larrieu prennent un malin plaisir à entraîner le spectateur au cœur d’une intrigue tortueuse où il est bien difficile de distinguer la vérité de la mystification. Le film ne cesse de serpenter entre pulsion et raison, animalité et culture, jusqu’aux cimes d’un romantisme déréglé.

Déclarations des frères Larrieu:

On a lu et aimé le roman de Philippe Djian, Incidences, à tel point qu'on a eu envie de l'adapter. Le livre cristallisait de nouvelles tentations chez nous, le thriller notamment, tout en étant à la croisée de notre univers, puisque l'action se déroule en montagne. La nature y est très présente. On aimait aussi beaucoup la figure du professeur de littérature, un intellectuel un peu fêlé, qui vit avec sa sœur.

On aime à définir le film comme un « thriller amoureux ». Il comprend un sujet de film policier, mais traité dans les marges amoureuses. C'est à la fin qu'on se rend compte qu'on était dans le polar, sans le savoir. On ne quitte jamais le point de vue du personnage principal, joué par Mathieu Amalric. On comprend qu'il y a une enquête autour de la disparition d'une jeune fille, avec laquelle il a passé une nuit, mais celle-ci se déroule à côté de lui. Un petit inspecteur apparaît de temps en temps pour nous le rappeler. Le film tourne beaucoup autour du déni, un thème passionnant.

Ce qui est nouveau dans le film, c'est le rapport obsessionnel aux jeunes filles, aux étudiantes. Je pense qu'on n'aurait pas eu l'idée ni l'initiative d'écrire dessus, cela a pu se faire encore grâce au roman de Djian. Quand Amalric arrive sur le campus, il mate toutes les filles, il est comme un loup. C'est un séducteur et un coureur invétéré. Mais ce qui est intéressant, c'est que c'est une pression de plus qui pèse sur ses épaules. C'est aussi une fuite. De fait, le film raconte surtout une rencontre amoureuse. De manière plus générale, c'est ce qu'on aime filmer : les rencontres et les moments de bifurcations qu'elles impliquent. C'est dangereux, les rencontres amoureuses.

Les structures architecturales sont très marquées, dans le film. C'est vrai du chalet, où vit Amalric avec sa sœur, comme du campus, très moderne. Il s'agit d'une université à Lausanne, toute récente, créée en 2011, par une agence japonaise d'architecture, Sanaa. C'est vraiment de l'art contemporain appliqué en architecture : des espaces de verre, conçus uniquement avec des formes arrondies, des pentes naturelles, irrégulières. Tout y est fait pour déambuler, passer de manière agréable de la bibliothèque à la cafétéria.

Distribution

Fiche technique

  • Réalisation : Arnaud et Jean-Marie Larrieu
  • Scénario : Arnaud et Jean-Marie Larrieu d'après le roman Incidences de Philippe Djian
  • Photographie : Guillaume Deffontaines
  • Montage : Annette Dutertre
  • Musique : Caravaggio
  • Sociétés de production : Gaumont et Arte France Cinéma
  • Durée : 110 min
  • Dates de sortie : 6 septembre 2013 (Festival de Toronto)
    • France : 15 janvier 2014
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