La Femme à abattre

De Cinéann.

La Femme à abattre (The Enforcer) film américain réalisé par Bretaigne Windust et Raoul Walsh, sorti en 1951.

Analyse critique

Le procureur adjoint Martin Ferguson reprend depuis le début le dossier d'une affaire. Tout a commencé par les aveux d'un jeune gangster, " Duke " Malloy. Il révèle l'existence d'un gang du crime. Il a tué une jeune femme. Nina Lombardo. Il se suicide après avoir donné les noms de ses complices : Philadelphia, Big Babe et Smiley. Philadelphia est interné dans un asile d'aliénés et Smiley est mort. Mais Big Babe parle et donne des détails sur cette "société du crime", dirigée par un mystérieux personnage "L'Inter" qui donne des "contrats" à remplir (personnes à tuer).

Ferguson poursuit son enquête. Il rend visite à Teresa Davis, qui partageait sa chambre avec Nina, la jeune femme tuée. Celle-ci s'appelait en réalité Angela Vetto. Son père, Tony Vetto, a été témoin d'un meurtre et a été tué par le gang de Rico. La police progresse et arrête un à un les membres de l'organisation. Rico, menacé, se rend à la police. Il révèle que l'Inter a commis un meurtre lui-même. C'est sa seule erreur et Tony Vetto et sa fille en ont été les témoins. Ferguson réalise alors que les assassins ont tué l'amie d'Angela, et non Angela elle-même. Ferguson sauve au dernier moment Angela des tueurs qui la poursuivaient. La "femme à abattre" pourra témoigner contre Albert Mendoza, alias l'Inter.

Walsh avait été mis sur la liste noire lors de la commission McCarthy des activités communistes, de sinistre mémoire. Il réalise La femme à abattre et Bretaigne Windust a prêté son nom pour contourner l'interdiction de travailler qui frappait Walsh. Il faut remarquer d'ailleurs que ceux qui participent à ce film (Mostel, Bogart, Sloan...) s'étaient insurgés contre la commission McCarthy.

La femme à abattre est une œuvre nerveuse et raffinée. Avec de bons seconds rôles (Ted de Corsia, Zero Mostel) et une création particulièrement efficace d'Everett Sloane (Mendoza, le chef de l'organisaton du crime), c'est surtout l'occasion pour Humfrey Bogart de trouver un rôle moderne, ce district attorney respectable avec nœud papillon qui rappelle le personnage en crise du Violent de Nicholas Ray sorti quelques mois plus tôt. On est loin de ces dandys losers que Hawks et Huston ont contribué à populariser. D'une certaine manière, par sa violence même, le film est un retour aux films de gangsters dans lesquels Bogart était de l'autre côté de la barrière.

Avec sa photographie expressionniste (Robert Burks, l'homme à tout faire d'Hitchcock), ses sept flashbacks virtuoses, ses nuits et ses brouillards poétiques, la Femme à abattre est un délice de thriller néo-réaliste.

Il existe plusieurs niveaux de lecture de ce film et il est possible de voir La femme à abattre comme un film politique. Dans ces conditions, il se déroule comme une tragédie grecque, où le fatum pèse de tout son poids. Le happy end , presque obligatoire et qui a été imposé par la production, masque assez mal l'inexorabilité des progrès du "mal". De fait, il serait logique que la conquête du pouvoir par la Mafia, car c'est de cela qu'il s'agit, aille à son terme, et que le "justicier" Bogart échoue dans sa tentative de résistance.

Distribution

  • Humphrey Bogart : Procureur Martin Ferguson
  • Zero Mostel : Big Babe Lazick
  • Ted de Corsia : Joseph Rico
  • Everett Sloane : Albert Mendoza
  • Roy Roberts : Capitaine Frank Nelson
  • Michael Tolan : James (Duke) Malloy
  • King Donovan : Sergent Whitlow
  • Bob Steele
  • Adelaide Klein
  • Don Beddoe

Fiche technique

  • Titre : La Femme à abattre
  • Titre original : The Enforcer
  • Réalisation : Bretaigne Windust et Raoul Walsh
  • Scénario : Martin Rackin
  • Production : Milton Sperling
  • Société de production : Warner Bros. Pictures
  • Musique : David Buttolph
  • Photographie : Robert Burks
  • Montage : Fred Allen
  • Durée : 87 minutes
  • Date de sortie : 7 septembre 1951


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