Le Temps qu'il reste

De Cinéann.

Le Temps qu'il reste , film français et palestinien de Elia Suleiman, sorti en 2009

Analyse critique

Elia Suleiman s’inspire des carnets de son père, des lettres de sa mère et de ses propres souvenirs pour évoquer les épisodes marquants de la vie de sa famille. Le film dresse ainsi le portrait de la vie quotidienne de ces Palestiniens qui sont restés sur leur terre natale et ont été étiquetés « arabes-israéliens », vivant comme une minorité dans leur propre pays.

Le récit couvre quatre périodes :

  • La première partie se déroule pendant la guerre de Palestine de 1948. Le grand-père d'Elia Suleiman, maire de Nazareth, signe la capitulation de la ville, dont les termes très durs sont imposés par la Haganah. Le père d'Elia Suleiman (Fouad) est un combattant résistant, donné par un de ses compatriotes et laissé pour mort par les troupes israéliennes.
  • La seconde partie, située en 1970 (la télévision passe des images de la mort de Gamal Abdel Nasser), met en scène l'auteur enfant dans son voisinage et dans sa famille, dont son père à la santé précaire.
  • La troisième partie, située en 1980, met en scène l'auteur adolescent, toujours dans son voisinage et dans sa famille, dont sa tante qui perd la mémoire et son père à la veille de sa mort.
  • Dans la dernière partie, contemporaine, le cinéaste (qui y joue son propre rôle) veille sa mère vivant ses derniers jours.

Elia Suleiman donne à « son » sujet, être palestinien en Israël, une dimension romanesque, à la fois épique et très intime. En particulier avec le volet contemporain, bouleversant, Le Temps qu'il reste prouve qu'un auteur peut évoquer une situation brûlante et, à la fois, glisser vers la métaphysique.

« Le film évoque la tragédie palestinienne à travers la chronique intime du clan Suleiman. La performance est là : signer un film drôle et facétieux sur un fond de tristesse infinie. Elia Suleiman est parti s’installer, à l’âge de 21 ans, à New York, dans le malaise de l’exil. Il s’est inventé un personnage de clown dépressif depuis son deuxième court métrage, Hommage par assassinat, en 1991. Ce désarroi, inscrit dès le prologue du Temps qu’il reste, est son électrocardiogramme de nomade depuis qu’il ne cesse de revenir sur les lieux de son enfance, lorsqu’il n’est pas à Paris ou au Liban. Le Temps qu’il reste cultive une forme d’insurrection par l’esprit, entendez cette façon d’avoir de l’humour avec mauvaise humeur. »
Jean-Luc Douin, Le Monde, 11 août 2009

Distribution

  • Elia Suleiman
  • Saleh Bakri
  • Samar Oudha Tanus
  • Shafika Bajjali
  • Tarek Qubti
  • Zuhair Abu Hanna
  • Ayman Espanioli

Fiche technique

  • Titre international The Time That Remains
  • Réalisation : Elia Suleiman
  • Scénario Elia Suleiman

  • Image Marc-André Batigne

  • Montage Véronique Lange
  • Production The Film, Nazira Films
  • Durée : 109 minutes
  • Date de sortie : 12 août 2009
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