Le Tigre du Bengale

De Cinéann.

Le Tigre du Bengale (Der Tiger von Eschnapur) film allemand réalisé par Fritz Lang, sorti en 1959.

Analyse critique

L’architecte Harald Berger se rend à Eschnapur (ville imaginaire, le film ayant été tourné à Udaipur, loin du Bengale), à l’invitation du maharadjah Chandra qui souhaite faire des travaux dans son palais. En chemin, il sauve une danseuse, Seetha, des griffes d’un tigre. Ils ne tardent pas à tomber amoureux l’un de l’autre. Seetha se rend elle aussi auprès du maharadjah, pour lequel elle exécute une danse dans le temple de la déesse Kali.

Harald Berger a reçu l'aide d'Azagara, un architecte indien formé en Occident. Pendant leurs explorations dans les souterrains destinées à conforter la construction des bâtiments, ils se trouvent à proximité du temple de la Déesse. Harald surprend Seetha en train de danser dans le temple pour le maharajah. Il découvre aussi une léproserie improvisée où le maharadjah séquestre les lépreux afin qu'ils n'infestent pas la ville.

Épris de la danseuse, Chandra la séquestre dans son palais, attendant le jour où elle acceptera de l’épouser. Ce mariage est favorisé par le frère de Chandra, Ramigani. Celui-ci compte sur le scandale provoqué par cette union auprès des prêtres pour renverser son frère et s’emparer du pouvoir.

Chandra ne tarde pas à découvrir que Berger est épris de Seetha. Sur dénonciation des prêtres, il s'aperçoit qu'Harald rend visite le soir à Seetha. Comme châtiment, l’architecte devra affronter le tigre qui a menacé Seetha. Berger parvient à tuer l’animal : il a la vie sauve. Grâce à sa connaissance des souterrains du palais, il rejoint Seetha, et les deux amants prennent la fuite, bientôt poursuivis par les hommes du maharadjah.

Inquiets d’être sans nouvelles, Irene, sœur d’Harald, et son mari Walter Rhode, lui aussi architecte, se rendent à Eschnapur. Le maharadjah commande alors à Walter la construction d’un mausolée, révélant son projet d’y emmurer vivante la femme qui l’a trahi. Pendant ce temps, Harald et Seetha se perdent dans le désert.

En 1956, Lang reçoit des propositions allemandes et il rentre en Europe. Il dirige en Inde une coproduction inspirée d'un de ses scénarios de jeunesse écrit pour Joe May en 1921 avec sa femme Thea von Harbou et se bat avec les studios de la Bavaria comme il s'était battu contre ceux d'Hollywood pour maintenir ses conceptions.

Le tigre du Bengale est la première partie d'un diptyque qui se poursuit avec Le Tombeau hindou.

Dans la logique des films de ces années-là, plusieurs points concourent à l'intensité dramatique, mais sont contradictoires avec la religion hindoue : le fait d'avoir une danseuse d'origine étrangère récente (enfant, elle a connu son père d'origine irlandaise), alors que pour les hindous l'origine d'une personne, assimilée à sa pureté est importante. Les costumes de la danseuse sont outrageusement dénudés et transparents , alors que les costumes des danseuses rituelles telles que celles du Bharata natyam sont riches, mais très décents. Les acteurs sont tous des occidentaux grimés en Indiens, mais Fritz Lang n'a jamais voulu faire œuvre d'authenticité. C'est une Inde fantasmée qu'il nous montre.

« Le Tigre du Bengale est important dans l’œuvre de Fritz Lang parce qu’il marque le retour du metteur en scène en Allemagne. Grâce à un milliard, grâce à l’Inde fabuleuse, grâce aux danses de Debra Paget, grâce aussi à son talent, Fritz Lang a fait du Tigre du Bengale un film plein d’intérêt. Rien n’y manque, ni le maharadjah couvert d’émeraudes, ni les princes intrigants, ni la fosse aux tigres, les lépreux et les fakirs, les danses sacrées et les assassinats sanglants. »
Patrick Thevenon, Paris Presse, 4 juillet 1959

Distribution

  • Debra Paget  : Seetha
  • Paul Hubschmid  : Henri Mercier (Harald Berger dans la version allemande)
  • Walter Reyer  : Chandra
  • Claus Holm  : le docteur Walter Rhode
  • Sabine Bethmann  : Irène Rhode

Fiche technique

  • Titre original : Der Tiger von Eschnapur
  • Réalisation : Fritz Lang
  • Scénario : Fritz Lang, Werner Jörg Lüddecke , d'après le roman Le Tombeau hindou de Thea von Harbou, paru en 1921
  • Images : Richard Angst
  • Musique : Michel Michelet
  • Montage : Walter Wischniewsky
  • Production : Artur Brauner
  • Pays d'origine : Allemagne de l'Ouest, Italie, France
  • Durée : 97 minutes
  • Date de sortie : 22 janvier 1959
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