Les Sept Mercenaires

De Cinéann.

Les Sept Mercenaires, western de John Sturges sorti en 1960.

Analyse critique

Au XIXe siècle, au nord du Mexique, un petit village de paysans reçoit régulièrement la visite de Calvera et de ses quarante bandidos. A l'occasion de leur dernière venue, ces derniers ont de nouveau pillé le village et ont annoncé leur prochain retour où le pillage sera plus important, les bandits fuyant la police rurale et devant acquérir des provisions pour se cacher dans la montagne pendant l'hiver à venir. Un paysan qui s'était rebellé est abattu par Calvera. C'est en trop. Aussitôt après son départ, les villageois se réunissent et décident d'agir pour ne plus subir les exactions des bandits. Après avoir pris conseil auprès du vieux sage du village, ils décident d'acheter des armes pour se défendre. Trois hommes sont envoyés aux États-Unis, non loin de là, pour effectuer les achats avec le peu d'argent qu'ils ont pu réunir.

La première ville dans laquelle ils s'arrêtent leur permet de faire la connaissance de Chris Adams, un homme solitaire et bon tireur. Après avoir exposé leur problème, Chris les guide vers une autre piste. Au lieu d'acheter des armes dont, de toute façon, ils seraient incapables de correctement se servir, plus habitués aux travaux des champs qu'à la bataille, ils feraient mieux de louer les services de mercenaires. C'est ainsi qu'ils recrutent, toujours avec l'aide de Chris, le premier engagé, cinq autres hommes.

Tous ces mercenaires acceptent pour une raison bien légitime et propre à chacun : l'un pense que Chris flaire un bon coup financier, un autre suit pour se trouver enfin un but honorable à accomplir, le suivant croit fuir les ennuis en changeant de pays mais pour mieux se jeter dans la bataille, encore un autre est si habile tireur et avec toute arme qu'il accepte par pur défi personnel pour se trouver des ennemis dignes de ce nom, le dernier est sans le sou et se dit que ce maigre salaire est toujours mieux que rien…

En cheminant vers le village, ils acceptent un septième et dernier compagnon d'armes, un jeune homme qui les convainc par sa ténacité et son envie de prouver sa valeur. Les sept mercenaires sont réunis. Dès lors il ne leur reste plus qu'à préparer le village et ses habitants à la bataille à venir.

Le film est un remake revendiqué et décalé des Sept Samouraïs de Akira Kurosawa.

Les Sept Mercenaires est sans conteste le western le plus connu de John Sturges. Son principal atout est l'excellence de sa distribution qui en fait une vitrine de luxe. Or, il est gâté avec ces sept comédiens qui nous font leur numéro, débutant pour certains, confirmé pour les autres. A l'Hollywoodienne, le scénario défini ses personnages en un seul gimmick (le couteau, le crâne chauve), et parvient à les résumer sans jamais nous imposer les affres de leur psychologie.

Dans le film japonais, les samouraïs ne sont pas les héros. Ils incarnent un idéal, la protection des faibles, idéal auquel ils ne croient pourtant qu'avec peine. Leur dilemne est un combat d'hommes à hommes. Ils sont quasiment les jumeaux des bandits qu'ils affrontent. Or, cette dimension initiatique et identitaire disparait considérablement dans le remake où les bandits et les villageois ne sont pas de la même nationalité que les héros. Au lieu de l'enjeu humain, on a presque une métaphore sur l'ingérence de l'Amérique en dehors de ses frontières... Tout est ramené aux motivations individuelles, au détriment de la belle dynamique de groupe du modèle. Enfin, les villageois sont à peine survolés.

Si la réalisation de Sturges n’est pas étrangère au succès et à la beauté du film, l’extraordinaire distribution est la cerise sur le gâteau. Yul Brynner, fraîchement oscarisé pour son rôle dans Le roi et moi est le leader adéquat et trouve l’homogénéité parfaite avec ses partenaires malgré le haut degré de testostérone et de rivalité qui planaient sur le plateau. Steve McQueen bénéficie lui de son expérience sur ‘’Au nom de la loi’’ et malgré son peu de répliques parvient à faire exister son personnage de façon spectaculaire (l’anecdote veut qu’il est ‘’simulé’’ un accident de voiture afin de se libérer de la série télé et pouvoir jouer dans le film). Tous ont une véritable matière et un vrai personnage à défendre. Aucun n’est laissé à l’abandon par le scénario et encore moins par le réalisateur.

Distribution

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Fiche technique

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