Sans mobile apparent

De Cinéann.

Sans mobile apparent , film français de Philippe Labro, sorti en 1971

Analyse critique

L'inspecteur Carrella enquête à Nice sur deux meurtres semblables commis la même journée. Deux autres surviennent le lendemain. Une course contre la montre s'engage pour trouver le lien entre ces quatre meurtres sans mobile apparent.

En trois jours, trois cadavres : celui d'un riche industriel, M. Forest, celui d'un jeune playboy, M. Buroyer et celui d'un astrologue, M. Kleinberg. L'arme du crime est un fusil à lunettes : c'est le seul élément que possède l'inspecteur Carrella. Il décide de fouiller la vie des trois victimes, car il existe, il en est sûr, un lien entre elles.

Grâce à la belle-fille de Forest, Sandra, il entre en possession du carnet de rendez-vous de l'industriel, sur lequel figure une liste de noms féminins. Parmi eux, celui d'une de ses amies, Jocelyne Rocca. Carrella l'invite chez lui et apprend qu'elle a connu les trois victimes à l'université. Il pressent qu'elle sera la quatrième victime ; mais il est trop tard, elle est tuée, elle aussi, en sortant du domicile de l'inspecteur.

Carrella se dirige maintenant vers l'université. Le professeur Palombo est justement en train de répéter une pièce, Juliette, dont le personnage principal est joué par Sandra Forest. Ceci intrigue Carrela qui la suit alors qu'elle quitte la répétition. Il la surprend quelques minutes plus tard en train de voler un document. Celui-ci permet à l'inspecteur de découvrir ce qui unissait les victimes et de protéger l'éventuelle « cinquième » : reste à trouver le mobile du crime et à rattraper l'assassin.

Cette transposition française d'un roman d'Ed McBain a toujours déconcerté les fans du romancier américain, d'autant que son célèbre inspecteur Carella n'a absolument rien de commun avec Jean-Louis Trintignant. Philippe Labro, féru de cinéma américain, a voulu transposer un univers de thriller noir sur la Côte d'Azur, tout en se référant à une réalité contemporaine, le monde des affaires, la jeunesse maoïste, et à un certain réalisme psychologique. On trouve aussi une représentation du populaire jeu du Schmilblic, renommé pour l’occasion.

Le film emprunte également quelques éléments au giallo qui vient tout juste d’exploser en Italie. La présence de Laura Antonelli et la musique d’Ennio Morricone participent amplement à cette filiation, de même que l’intrusion d’un mystérieux tueur ganté de cuir.

Les personnages sont ambigus, et Trintignant exprime fort bien la solitude et l'amertume d'un policier confronté à un milieu pourri.

Distribution

  • Jean-Louis Trintignant : L’inspecteur Stéphane Carrella
  • Dominique Sanda : Sandra Forest
  • Sacha Distel : Julien Sabirnou
  • Carla Gravina : Jocelyne Rocca
  • Paul Crauchet : Francis Palombo
  • Laura Antonelli : Juliette Vaudreuil
  • Jean-Pierre Marielle : Perry Rupert-Foote
  • Stéphane Audran : Hélène Vallée

Fiche technique

  • Réalisation : Philippe Labro
  • Scénario : Philippe Labro, Jacques Lanzmann et Vincenzo Labella, d'après le roman Dix plus un (Ten Plus One) de Evan Hunter, publié sous le pseudonyme Ed McBain
  • Photographie : Jean Penzer
  • Montage : Claude Barrois et Nicole Saunier
  • Musique : Ennio Morricone
  • Producteur : Jacques-Éric Strauss
  • Durée : 98 minutes
  • Date de sortie : 15 septembre 1971
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