Sexe, Mensonges et Vidéo

De Cinéann.

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Sexe, Mensonges et Vidéo (Sex, Lies, and Videotape) film américain réalisé par Steven Soderbergh, sorti en 1989. Il a notamment reçu la Palme d'or au festival de Cannes.

Analyse critique

Graham Dalton revient, après neuf ans d'absence, dans la ville de son adolescence. Il y est accueilli par son vieil ami John Millaney, qu'il n'a pas vu une seule fois depuis son départ. Celui-ci est marié à Ann, femme au foyer timide et réservée, et il la trompe avec sa propre sœur, Cynthia. Graham apparaît comme un être étrange et se lie d'amitié avec Ann. Celle-ci découvre un jour qu'il possède de nombreuses cassettes vidéos, chacune portant un nom féminin : Graham lui avoue que son hobbie est d'interviewer des femmes afin qu'elles lui racontent leurs expériences intimes.

Ce film est un hommage aux trentenaires de l’époque de la fin des années 1980, empreinte du sentiment de malaise que peut inspirer la pseudo-liberté sexuelle. Le sexe y est plus commenté que pratiqué, et c’est bien ce qui fait l’attrait de cette œuvre où l’ambiguïté est reine et l’érotisme latent. Récompensé par le prix d’interprétation masculine à Cannes, James Spader n’a jamais été plus sexy que dans ce rôle d’impuissant qui manipule les femmes, tandis qu’Andie MacDowell, quittant son personnage de yuppie coincée pour camper une révoltée entreprenante, donnait toute la mesure de son talent.

En 1988, le jeune réalisateur indépendant Steven Soderbergh écrit l’histoire de Sexe, mensonges et vidéo en moins de deux semaines et le tourne pour une somme dérisoire.

Il n'y a pourtant aucun déferlement de scènes osées, malgré le titre et ce film est avant tout un film psychologique à l’ambiance glaciale. Ici, la libido prend la forme d’une logorrhée verbale ininterrompue, le cinéaste choisissant de filmer les confessions intimes de personnages mal dans leur peau. A l’aide d’une mise en scène en tout point minimaliste et d’une musique discrète mais superbe, Soderbergh parvient à rendre les mots sensuels et dresse un constat accablant de la sexualité aux Etats-Unis, où les interdits favorisent les frustrations.

La caméra dont se sert le personnage incarné par James Spader est bien sûr l’extension phallique de cet homme impuissant, mais elle fait surtout écran entre le monde extérieur et son for intérieur blessé. L’écran vidéo devient un refuge, un moyen de ne pas intervenir dans la vie d’autrui afin de se protéger et de s’enfermer dans une confortable névrose. Il est donc naturel que le personnage d’Andy Mac Dowell soit attiré par lui puisqu’elle aussi se réfugie dans un mariage raté, mais confortable, avec son mari avocat.

En fin de film, le spectateur assiste à la bouleversante libération de deux êtres blessés par la vie. Mais cette œuvre profonde est aussi une brillante mise en abyme du travail d’un "cinéaste" et de son rapport ambigü avec ses "acteurs". Avec un grand sens de l’épure, le réalisateur filme un scénario brillamment écrit, avec de beaux personnages magnifiés par un casting impeccable.

Distribution

Sexmensonges.jpg
  • James Spader (VF : William Coryn) : Graham
  • Andie MacDowell (VF : Marie Vincent) : Ann
  • Peter Gallagher (VF : Pascal Renwick) : John
  • Laura San Giacomo : Cynthia
  • Ron Vawter : le thérapeute
  • Steven Brill (VF : Patrick Floersheim) : Barfly
  • Alexandra Root : la fille sur la cassette
  • Earl T. Taylor : Landlord
  • David Foil : le collègue de John

Fiche technique

  • Titre original : Sex, Lies, and Videotape
  • Titre français : Sexe, mensonges et vidéo
  • Réalisation : Steven Soderbergh
  • Scénario : Steven Soderbergh
  • Production : John Hardy, Robert F. Newmyer, Morgan Mason, Nancy Tenenbaum et Nick Wechsler
  • Sociétés de production : Outlaw Productions et Virgin
  • Musique originale : Cliff Martinez
  • Photographie : Walt Lloyd
  • Montage : Steven Soderbergh
  • Durée : 100 minutes
  • Dates de sortie : États-Unis : 20 janvier 1989 au Festival du film de Sundance
    • France : Mai 1989 au Festival de Cannes
    • France, public : 4 octobre 1989

Distinctions

  • Palme d'or, Prix d'interprétation masculine pour James Spader et Prix FIPRESCI de la Critique internationale lors du Festival de Cannes 1989.
  • Prix du public, lors du Festival du film de Sundance de 1989.
  • National Film Preservation Board en 2006.
  • Nominations
    • Oscar du meilleur scénario original en 1990.
    • César du meilleur film étranger en 1990.
    • Golden Globes en 1990  : Meilleure actrice Andie MacDowell; Meilleur second rôle féminin Laura San Giacomo; Meilleur scénario.


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