Waterworld

De Cinéann.

Waterworld, film américain de Kevin Reynolds, sorti en 1995.

Analyse critique

En 2500, alors que la Terre a été presque totalement immergée, quelques hommes survivent sur de rares atolls. Sur l'un de ces îlots, Mariner, un aventurier des mers, rencontre Helen et sa fille Enola qui a sur le dos une carte tatouée de la contrée mythique "Dryland". Cette carte intéresse beaucoup de monde, à commencer par le redoutable Deacon, le chef des "Smokers", une bande de pirates.

Waterworld traîne une relativement mauvaise réputation. Le film de Kevin Reynolds a coûté incroyablement cher, le tournage a connu des ennuis innombrales, certaines critiques ont été impitoyables. Mais il y a des bonnes choses dans ce film. Il y a la création de cet univers de type post-apocalyptique qui, à défaut d’être réellement crédible, est tout de même assez bien mis sur pied et attrayant par certains côtés. On peut reprocher le tape-à-l’oeil, le scénario vraiment simple et Costner donne un peu trop dans le genre super héros qui n’est jamais pris au dépourvu… mais il y a de belles scènes, en particulier sous-marines.

L’efficacité est totale. De ce point de vue, les scènes d’action sont si visuellement attractives que cela fonctionne même en ayant conscience des limites du scénario. Les partis pris esthétiques et narratifs ramènent forcement à la trilogie de Georges Miller (les 3 Mad Max), on peut évidemment être un adorateur ultime de cette dernière sans pour autant se sentir obliger de bouder son plaisir devant ces emprunts plus qu’évidents.

Alors qu’est ce qui rend cette fable invraisemblable assez sympathique. Probablement parce que sous sa cuirasse de super-production Waterworld va chercher ses emprunts dans des genres délaissés. Aux films de pirates évidemment, mais également au western, à travers ce héros dont toute la communauté se méfie dès son arrivée mais qui finira par défendre les innocents face à la menace permanente sans participer à la récompense d’un paradis enfin retrouvé puisque repartant seul sur les eaux. Waterworld parvient également à provoquer, avec un certain brio, à la fois l’euphorie du spectacle explosif et le sentiment de plénitude d’un Mariner contemplant l’horizon toutes voiles dehors.

L'humour est omniprésent et contribue à sauver le film. Alors qu’on s'attend à une histoire d’amour à la Bodyguard , Costner n’a pas du tout cette vision du personnage et se bat pour conserver son aspect dur et froid. Tout particulièrement pour garder la scène pendant laquelle le Mariner va nonchalamment fracasser une rame sur la tête de Jeanne Tripplehorn. Surprenant, drôle et incorrect.

Mais l'humour le plus décapant se découvre au sein des Smokers, cette communauté de pirates en possession d’introuvables réserves de pétrole et de cigarettes. Dennis Hopper est parfait dans le registre du méchant caricatural. Un leader qui tente de bien faire malgré la bande d’incapables dont il est entouré en permanence comme lorsqu’un de ses propres sbires, sorte de Leatherface de la mitraille, dégomme accidentellement la moitié de ses petits camarades. Il perd son œil de verre en pleine crise de cabotinage et passe la moitié du temps une clope à la main et une bouteille de Whisky dans l’autre.

Côté contexte, le scénario est inattaquable. Le propos est certes écologique, car la situation du monde décrit résulte à l'évidence d'un déréglement climatique majeur. Mais pas de manichéisme, la seule mention géo-politique est la référence à une langue commerciale "porto-grecque" (sic), et tout le reste n'est qu'imaginaire, sans discours pontifiant, sans message explicite ou implicite. On est donc ici plus proche de l'imagerie que de toute fiction scientifique, plus proche du baron de Munchausen que de Jules Verne.

Distribution

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Fiche technique

  • Titre : Waterworld
  • Réalisation : Kevin Reynolds
  • Scénario : Peter Rader et David Twohy
  • Production : Charles Gordon, Lawrence Gordon, Kevin Costner et John Davis
  • Société de production : Universal Pictures
  • Musique originale: James Newton Howard, Artie Kane et Mark Isham
  • Photographie : Scott Fuller et Dean Semler
  • Montage : Peter Boyle
  • Durée : 176 minutes
  • Dates de sortie : 28 juillet 1995 (USA) ; 25 octobre 1995 (France)
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