À bord du Darjeeling Limited

De Cinéann.

Version du 28 mars 2016 à 15:03 par MariAnn (discuter | contributions)
(diff) ← Version précédente | Voir la version courante (diff) | Version suivante → (diff)

À bord du Darjeeling Limited (The Darjeeling Limited) film américain de Wes Anderson, sorti en 2007

Analyse critique

Trois frères, Francis, Peter et Jack, font un long voyage en train à travers le nord de l’Inde un an après la mort de leur père. Leur périple à bord du train est parsemé d’incidents loufoques et égayé de rencontres inattendues.

Ainsi cette fratrie trentenaire réunie pour une longue croisière ferroviaire et spirituelle, trois grands petits garçons qui se retrouvent dans le compartiment à l'ancienne d'un joli train bleu filant au milieu du désert. Francis (Owen Wilson) est couvert de pansements et de bandelettes, troublant écho à la tentative de suicide de l'acteur l'an dernier, mais son personnage n'avoue qu'un bête accident de la circulation. Peter (Adrien Brody ) est un futur papa fuyant ses responsabilités, tétanisé à l'idée du cap à franchir. Jack (Jason Schwartzman), fait écho au court métrage projeté avant le film : le jeune homme, réfugié dans un hôtel chic à Paris, reçoit la visite imprévue de son amoureuse, venue exprès pour le chercher, à moins que ce ne soit pour rompre.

Planifié comme une initiation spirituelle, ce parcours doit aussi les mener à leur mère, cloîtrée dans un couvent, et qui ne s'est pas déplacée pour les obsèques du père. La mère est devenue religieuse au service d'orphelins dans l'Himalaya. Mais les orphelins du film sont vraiment ces trois grands dadais qui traînent avec eux non seulement leurs névroses et leurs angoisses, leurs calmants et leurs manies, mais aussi l'encombrant et symbolique assortiment de bagages paternels reçu en héritage.

C'est une sorte de voyage immobile. Une traversée de l'Inde en train, mais peut-être plus encore à bord d'une bulle. Wes Anderson campe dans son monde à lui, comme un môme dans sa chambre, et l'Inde n'est souvent qu'un élément de décor. C'est sa faiblesse et son grand charme, sa malédiction et son talent. Il partage cela avec ses héros, prisonniers eux aussi de leurs chimères ou de leur passé, réticents, voire inaptes, à redéployer leur ailes, et sera l’occasion de ressouder la fratrie.

Dotée d’une photographie très colorée, cette comédie, délocalisée en Inde, se bonifie avec des dialogues mordants et quelques touches salvatrices d’exotisme. Virtuose, Wes Anderson manie la caméra avec aisance, se permettant même de solliciter la symétrie et d’appréhender chaque plan avec un souci manifeste du détail. Sa réalisation est rythmée, son sens du loufoque est avéré et ses personnages sont attachants.

Distribution

  • Owen Wilson  : Francis Whitman
  • Adrien Brody  : Peter Whitman
  • Jason Schwartzman  : Jack Whitman
  • Amara Karan : Rita
  • Wallace Wolodarsky : Brendan
  • Waris Ahluwalia : le chef steward et contrôleur
  • Barbet Schroeder : le mécano
  • Camilla Rutherford : Alice
  • Bill Murray : l’homme d’affaires
  • Anjelica Huston : Patricia Whitman, la mère

Fiche technique

  • Titre original : The Darjeeling Limited
  • Réalisation : Wes Anderson
  • Scénario : Wes Anderson, Roman Coppola, Jason Schwartzman
  • Directeur de la photographie : Robert Yeoman
  • Montage : Andrew Weisblum
  • Production : Scott Rudin
  • Société de production : American Empirical Pictures
  • Durée : 91 min
  • Dates de sortie : 26 octobre 2007
    • France : 19 mars 2008

Hôtel Chevalier

En projection précédé du court-métrage Hôtel Chevalier, tourné à Paris en 2005. Ce film de 13 minutes avec Jason Schwartzman et Natalie Portman apparaît comme un prologue centré sur Jack, l’un des trois frères, et met en exergue ses objets fétiches tels le lecteur mp3, le haut-parleur et la valise siglée JLW de son défunt père.

darjeelinglim.jpg
Outils personnels

Le cinéma de Nezumi; les artistes contemporains / Randonnées dans les Pyrénées

Les merveilles du Japon; mystérieux Viêt Nam; les temples et des montagnes du Népal ; l'Afrique