En liberté !

De Cinéann.

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En liberté ! , film français de Pierre Salvadori, sorti en 2018

Analyse critique

Yvonne raconte chaque soir à son jeune fils les exploits extraordinaires de son père Jean, commissaire de police mort en héros deux ans auparavant. Les images de son récit défilent à l’écran pour l'illustrer. On voit le père qui explose la porte d’un appartement, s’engouffre à l’intérieur le magnum au poing, neutralise un à un les méchants avec une dextérité et une force digne des meilleurs polars. On a érigé une statue, d’un mauvais goût irrésistible, à sa mémoire, face au port.

Elle-même lieutenant de police, elle regrette d'être dans un bureau au lieu de participer aux enquêtes. Or, lors d'un interrogatoire de routine, elle apprend que Jean était en fait un flic corrompu. Il a fait emprisonner un innocent pour le braquage d'une bijouterie.

Cet innocent, Antoine, sort de prison peu de temps après. Yvonne, prise de remords, le suit et constate qu'il est très perturbé. Il retrouve sa femme, Agnès, mais a parfois des réactions étranges. Il commet de petits larcins et frappe avec une grande violence plusieurs personnes qui s'en prennent à lui à la sortie d'une boîte de nuit.

Antoine, errant le long d'une route après s'être brouillé avec sa femme, saute dans la mer, aussitôt suivi d'Yvonne, qui le filait toujours. Ils se retrouvent sur la plage et rentrent en ville en volant une voiture. Yvonne, stupéfaite et très attirée par lui, rentre toutefois chez elle, où Louis, un collègue secrètement amoureux d'elle, garde son fils ; elle se donne à lui à sa grande surprise.

Le lendemain, Antoine est amené au poste suite à un incident. Surprise, Yvonne s'assied sur un banc où attendent des prostituées afin qu'Antoine ne comprenne pas qu'elle est policière.

Antoine prend en otage le personnel d'un restaurant et finit par y mettre le feu. Yvonne le sort de ce mauvais pas et le cache dans une boîte de nuit désaffectée. Il quitte sa femme pour y retrouver Yvonne, mais passe des menottes à celle-ci pour aller braquer la bijouterie qui est à l'origine de son emprisonnement, ainsi une vraie culpabilité pourra-t-elle donner un sens à toutes ces années d'enfermement qui ont détruit sa jeunesse.

Yvonne se libère et rejoint Antoine dans la bijouterie. Elle l'aide a récupérer les bijoux et l'oblige à s'enfuir. Il va rejoindre sa femme avec les bijoux, tandis qu'Yvonne se laisse arrêter. Plus tard, Yvonne sort de prison et retrouve Louis, qui s'est occupé de son fils pendant tout ce temps.

Le film est une caricature volontaire de film d’action musclé, rehaussée d’humour. Riche de situations délicieusement absurdes, il se distingue surtout par la haute qualité de ses dialogues poétiques. Pierre Salvadori met en scène la quête de l’instant parfait comme dans la séquence des retrouvailles dans le jardin, où la compagne d’Antoine, déstabilisée parce qu’il est sorti de prison plus tôt que prévu, lui demande de revenir en arrière et de refaire le trajet.

« Cela fait longtemps qu’on n’avait pas dégusté une grande comédie aussi libre de tout carcan, osant télescoper à un rythme soutenu le burlesque potache, la réplique qui tue, le gag cartoon, la délicatesse du marivaudage et la mélancolie des misfits ! Il y a quelque chose de jubilatoire à voir cette histoire de culpabilité mal placée, de colère lunaire et d’amoureux égarés se développer devant nous avec une telle agilité. »
Renan Cros, 14 mai 2018

Distribution

  • Adèle Haenel : le lieutenant de police Yvonne Santi
  • Pio Marmaï : Antoine Parent
  • Vincent Elbaz : le capitaine de police Jean Santi
  • Damien Bonnard : Louis
  • Audrey Tautou : Agnès Parent

Fiche technique

  • Réalisation : Pierre Salvadori
  • Scénario : Pierre Salvadori, Benjamin Charbit et Benoît Graffin
  • Directeur de la photographie : Julien Poupard
  • Montage : Isabelle Devinck, Julie Lena et Géraldine Mangenot, assistées de Johan Samacoits
  • Musique : Camille Bazbaz
  • Producteurs : Philippe Martin et David Thion
  • Société de production : Les Films Pelléas
  • Durée : 107 minutes
  • Dates de sortie :14 mai 2018 (Quinzaine des réalisateurs, Festival de Cannes 2018)
    • France : 31 octobre 2018 (sortie nationale)
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