Foxfire, confessions d'un gang de filles

De Cinéann.

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Foxfire, confessions d'un gang de filles , film français de Laurent Cantet, sorti en 2012
Il s'agit de la deuxième adaptation cinématographique du roman de Joyce Carol Oates, après Foxfire de Annette Haywood-Carter en 1996.

Analyse critique

Le film débute en 1955, dans un quartier populaire d’une petite ville des États-Unis. Cinq adolescentes concluent un pacte à la vie à la mort: elles sont écrasées par le machisme ordinaire et l'injustice sociale, et décident de former une société secrète, qu'elles nomment «Foxfire». En faisant partie d'un clan solidaire, les adolescentes espèrent se prémunir contre la violence des hommes de leur milieu et se venger de toutes les humiliations passées. Derrière Legs, la chef de file du mouvement à l'allure garçonne, adulée de toutes, les filles poursuivent un rêve impossible, vivre selon leurs propres lois, quitte à sombrer dans la délinquance. De petits méfaits en gros délits, elles empruntent un chemin entre violence et liberté, sans savoir où celui-ci les mènera.

Elles font passer un sale quart d'heure à des machos, coupables d'abus sexuels. Leur geste s'apparente à une révolte #balancetonporc avec 60 ans d'avance.
Dans une seconde partie, il s'agit de réaliser une utopie. Le gang achète une maison pour la transformer en une sorte de phalanstère sauvage. L'argent, elles le trouvent en pigeonnant des mâles en rut.

Laurent Cantet reste fidèle à sa méthode, le travail avec de jeunes non-professionnels, en retrouvant un thème qui lui est cher, la dynamique du groupe, le rôle que chacun y occupe. Dans la seconde partie, il montre comment cette communauté finit par se diviser. Son récit fourmille d'idées, de pistes politiques, autour de la question raciale, du lesbianisme, de la guerre des sexes. Sur les individualités, il analyse la relation de fascination réciproque et de jalousie entre Legs et Maddy. Entre la cheffe qui s'impose et celle, intelligente et discrète, qui reste en retrait, entrevoit tout et l'enregistre.

« Être à la fois dans le présent et dans son souvenir, voilà une singularité de Foxfire. D’où le sentiment tenace d’une nostalgie envers cette parenthèse contestataire qu’est l’adolescence où la question de l’autorité est habilement liée à celle de la sexualité. La chambre parentale, cité interdite à la sage Marianne, sera profanée par Legs, qui métamorphosera ce lieu policé en un espace ludique et transgressif. Revenue à son état initial, cette chambre restera annonciatrice du chaos qui dévastera la famille bourgeoise de Marianne. Foxfire fait bouger les meubles et ausculte la manière dont ces légers mouvements du paysage intérieur font parfois dévier nos vies. » Vincent Thabourey

Distribution

  • Katie Coseni : Madeleine « Maddy » Wirtz
  • Raven Adamson  : Margaret « Legs » Sadovsky
  • Madeleine Bisson : Rita O'Hagan
  • Claire Mazerolle : Goldie
  • Paige Moyles : Lana
  • Rachael Nyhuus : Violet Kahn

Fiche technique

  • Réalisation : Laurent Cantet
  • Scénario : Laurent Cantet d'après Foxfire: Confessions of a Girl Gang de Joyce Carol Oates, publié en 1993
  • Photographie : Pierre Milon
  • Montage : Robin Campillo
  • Musique : Timber Timbre
  • Sociétés de production : Foxfire Productions, Haut et Court, Memento Films International
  • Pays d’origine : France, Royaume-Uni, Canada
  • Langue originale : anglais
  • Durée : 143 minutes
  • Dates de sortie : 6 septembre 2012 (Festival de Toronto)
    • 2 janvier 2013 (sortie France)
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