James Gray

De Cinéann.

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James Gray , réalisateur américain né en 1969

Biographie

La famille paternelle de James Gray est originaire de Russie, d'Ostropol, aujourd'hui en Ukraine. Elle fuit la guerre civile en 1920 pour s'établir à New York. Ses grands-parents, les Greyzerstein, parlent russe et yiddish, presque pas l'anglais. Leur nom est anglicisé en « Gray » à leur arrivée à Brooklyn en 1923.

Sa mère, américaine de la classe moyenne, meurt quand il a 19 ans. Il en garde un souvenir mitigé : entre regrets de ne pas l'avoir connue plus, et rejet de son ambition sociale. Son père, diplômé d'un doctorat en génie électrique, enseigne à New York, puis il tente sa chance en créant une société, mais s'endette et fait faillite. Peu après, il remonte une entreprise de sous-traitance pour le métro de New York, qui échoue encore rapidement. Une expérience qui influencera la réalisation de The Yards. De là, Gray va se passionner pour les losers, ceux qui ne se convertissent pas au rêve américain : les mafieux, les immigrés, les pauvres, les déclassés, ceux pour qui l'ascenseur social reste en panne.

Gray est un jeune homme taciturne, qui n'aime pas l'école et la déserte dès l'âge de 13 ans pour aller voir des films au cinéma, au grand dam de ses parents. Le cinéma est sa passion. Il admire Apocalypse Now de Coppola, Raging Bull de Scorsese, l'œuvre de Steven Spielberg, le cinéma américain des années 60-70 et le cinéma européen d'après-guerre : Fellini, Visconti, la Nouvelle Vague française, etc. Non seulement il connait l'histoire du cinéma sur le bout des doigts, mais il lit aussi la littérature russe du XIXe siècle (Tolstoi, Dostoievski…), les grands classiques anglais en intégralité (comme l'œuvre entière de Shakespeare), ou encore, très tôt, il lit Émile Zola (Germinal notamment). Toutes ces influences se retrouvent dans ses films.

À son arrivée à New-York, sa famille emménage à Little Odessa, quartier des Juifs russes de New-York, mais il grandit dans le Queens, un quartier plutôt pauvre et morose, loin de Manhattan. Il fait la connaissance de Little Odessa en fréquentant des jeunes filles qui y habitent, et il profite de la particularité permissive du quartier pour s'y saouler en liberté. Il étudie à l'école de cinéma de l'Université de Californie du Sud, où son film d'études, Cowboys and Angels, lui permet d'attirer l'attention du producteur Paul Webster , qui l'encourage à écrire un scénario qu'il puisse produire.

Gray sort en 1994, à 25 ans,son premier long métrage : Little Odessa, un film noir sur un tueur retournant dans son quartier natal de Brighton Beach où il est confronté à son jeune frère. Avec ce film, Gray remporte le lion d'argent à la Mostra de Venise.

En 2000, il sort son second long métrage : The Yards qui décrit, à la limite du film noir, les relations quasi-maffieuses dans les entreprises du métro new-yorkais. Mais le film est un échec commercial. Ses relations avec ses producteurs s'étant détériorées, il doit attendre 7 ans avant de pouvoir réaliser son troisième long métrage La nuit nous appartient, sorte de transposition dans le milieu de la police des tensions décrites dans son précédent film.

Le cinéma de James Gray se démarque notoirement de la production américaine actuelle : il filme, exclusivement dans les faubourgs de New York qui l'ont vu grandir, des sujets qu'il écrit et dans lequel l'habituelle individualité du héros est souvent moins importante que le milieu dans lequel celui-ci évolue (famille, mafia, police…). Même lorsque l'action se situe de nos jours, les décors, les filtres appliqués à l'objectif de la caméra imposent une perception à la fois vieillie et intemporelle. Le rapport au corps et la façon de se mouvoir des personnages de James Gray sortent des conventions usuelles, pour en toucher au plus près les personnalités, en en reflétant émois, fragilités, mal-être ou manque d'assurance.

Autre caractéristique de ce cinéma, celle de s'appuyer sur un groupe d'acteurs fidèles, au cœur duquel se trouve Joaquin Phoenix qu'il a largement contribué à rendre célèbre, ainsi que Mark Wahlberg, et sur de grands noms du cinéma dans les seconds rôles : Vanessa Redgrave et Maximilian Schell dans Little Odessa (1994), James Caan, Ellen Burstyn et Faye Dunaway dans The Yards (2000), Robert Duvall dans La nuit nous appartient (2007), Isabella Rossellini dans Two Lovers (2008).

Enfin, ses films posent toujours la question du choix. Choix entre le bien et le mal (La nuit nous appartient, et The Yards), entre deux femmes (Two Lovers), entre le milieu d'origine et celui extérieur (Little Odessa). Ces choix étant souvent mélès à une famille toujours présente (Little Odessa, The Yards, La nuit nous appartient).

Filmographie

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