Logan Lucky

De Cinéann.

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Logan Lucky , film américain de Steven Soderbergh, sorti en 2017

Analyse critique

Jimmy Logan, ancienne gloire locale de football américain de Virginie-Occidentale, vit désormais de petits boulots en petits boulots. Divorcé de Bobbie Jo, il s'occupe dès qu'il peut de sa fille Sadie, qui participe à des concours de beauté pour enfants. Jimmy est engagé sur un chantier en Caroline du Nord, sur le circuit Charlotte Motor Speedway. Mais il est licencié en raison d'une blessure non déclarée au genou. Très remonté et sans un sou, il convainc son frère Clyde, ancien soldat en Irak et amputé d'un bras, de commettre le braquage de la chambre forte du circuit, équipée de tubes pneumatiques. Pour mener à bien leur plan, ils s'associent au spécialiste des chambres fortes Joe Bang, pourtant incarcéré à Monroe. Ce dernier exige que ses deux frères, Fish et Sam, soient aussi de la partie. Les frères Logan peuvent aussi compter sur leur sœur, Mellie, qui tient un salon de coiffure. Cette petite équipe va donc commettre ce braquage sur la légendaire course de NASCAR, durant le Memorial Day.

Clyde défonce un magasin avec une voiture afin de se faire emprisonner au même endroit que Joe Bang. Puis celui-ci s'arrange pour se faire admettre à l'infirmerie de la prison. Au même moment, des complices déclenchent une mutinerie dans la cafétéria, ce qui permet aux deux acolytes de s'évader discrètement. Ils rejoignent Jimmy, Mellie et les deux frères de Joe. Suivant un plan très précis, les quatre hommes se retrouvent dans les sous-sols du circuit automobile, à l'endroit où passent des tubes pneumatiques qui acheminent l'argent des paris vers la chambre forte. Les quatre hommes branchent un aspirateur industriel sur un tube pneumatique et commencent ainsi à récupérer l'argent stocké dans la chambre forte, qu'ils stockent dans des sacs poubelles. Les deux frères de Joe chargent une série de sacs sur un véhicule.

Joe et Clyde reviennent en prison en se faisant passer pour des pompiers, appelés à cause d'un début d'incendie causé par leurs complices dans la cafétéria de la prison. Leur absence n'a pas été remarquée. Jimmy va assister au spectacle de sa fille ; celle-ci, au lieu de chanter comme prévu Umbrella de Rihanna, émeut la salle entière en entonnant une chanson locale de Virginie-Occidentale, que son père aime particulièrement. Plus tard Jimmy va abandonner l'argent dans un camion sur un parking. On apprend qu'un appel anonyme a révélé l'emplacement de l'argent.

Joe Bang, abasourdi, quitte la prison quelques mois après, sa peine purgée. Revenant chez lui, il découvre une pelle devant sa porte et décide de creuser au pied d'un arbre où il avait autrefois enfoui un butin, qui lui avait ensuite été volé : il y découvre cette fois un sac d'argent provenant du circuit automobile. Pendant ce temps, deux inspecteurs du FBI tentent de comprendre ce qui s'est passé et soupçonnent très vite la famille Logan, sans pouvoir rassembler de preuves. Ils apprennent qu'une partie de l'argent n'a pas été retrouvée. Un flashback révèle alors que Jimmy a piégé la grille située à la sortie du circuit afin de faire croire à Joe et ses frères qu'il laissait une partie de l'argent derrière, alors que, avec l'aide de Mellie et Clyde, il envoyait cette partie du butin dans une décharge municipale où il allait plus tard le récupérer.

Steven Soderbergh reprend la trame du film Ocean's Eleven dans une Amérique de déclassés. Fini les gangsters en costume cintré de Las Vegas, professionnels, cette fois, ce sont des amateurs, des estropiés, des mal-logés de l’Amérique profonde, la Virginie-Occcidentale. C’est surtout le regard posé sur ce monde prolétaire, qui séduit. Les personnages, déssinés par une scénariste débutante, (à moins que ce pseudo cache Soderbergh ou sa femme), le cinéaste les adopte avec une franche fraternité, en sachant les rendre beaux et proches.

Le réalisateur manifeste autant de tendresse que d’amusement pour la sous-culture populaire et son folklore, des concours de Miss pour fillettes aux kermesses, avec jets de lunettes de toilettes, en passant par l’interprétation excessivement country de l’hymne local avant la course automobile. On retrouve, son habituel brio dans la mise en scène du casse et de ses suites en trompe-l’œil.

Mais loin de la sophistication des moyens employés à Las Vegas, le matériel des braqueurs est fabriqué à très bas coût. Des cafards ornés de vernis à ongle sont utilisés. Du faux sel, de la javel et des nounours en gélatine composent l’explosif.En guise de mise en abyme, ce système D renvoie à l’ambition et aux nouvelles méthodes du cinéaste, produire et diffuser le film sans la moindre intervention des grands studios. Logan Lucky, qui est déjà sorti aux États-Unis et sur plusieurs territoires, n’a hélas pas généré d’énormes profits ; juste assez toutefois pour que l’expérience vaille le coup d’être retentée.

Le réalisateur use non pas de la fausse bienveillance de ceux qui se penchent sur plus bas qu’eux pour leur servir l’aumône cinématographique, mais au contraire de la plus sincère empathie, celle qui n’exclut ni le mordant, ni la lucidité politique. Il y a toujours un risque à faire composer par des stars des personnages d’extraction populaire, accent et patois à l’appui. Or, tous ici font des miracles, y compris le Britannique Daniel Craig aussi loin que possible de ses habituelles interprétations de gentlemen râblés.

Distribution

  • Channing Tatum  : Jimmy Logan
  • Adam Driver  : Clyde Logan
  • Daniel Craig : Joe Bang
  • Riley Keough  : Mellie Logan
  • Katie Holmes : Bobbie Jo Chapman

Fiche technique

  • Réalisation : Steven Soderbergh
  • Scénario : Rebecca Blunt
  • Photographie : Steven Soderbergh (crédité sous le nom de Peter Andrews)
  • Montage : Steven Soderbergh (crédité sous le nom de Mary Ann Bernard)
  • Musique : David Holmes
  • Production : Reid Carolin, Gregory Jacobs et Mark Johnson
  • Durée : 119 minutes
  • Date de sortie : 18 août 2017
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