The Doom Generation

De Cinéann.

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The Doom Generation , film américain de Gregg Araki, sorti en 1995

Analyse critique

Deux adolescents amoureux l'un de l'autre, Amy Blue et Jordan White, tuent le temps comme ils le peuvent, cherchant dans la drogue et les boîtes de nuit un peu du plaisir que la vie leur refuse. Leur rencontre avec l'énigmatique Xavier Red va bouleverser leur existence. Peu à peu, les deux jeunes gens se laissent glisser dans la délinquance. Le meurtre du gérant d'une superette les fait définitivement basculer dans une fuite sans fin. Amy et Jordan, mis en jambes, assassinent ensuite un ancien soupirant de la belle.

Des événements étranges les poursuivent, les plongeant petit à petit dans un cauchemar psychédélique alors que le jeune couple se transforme en ménage à trois avec Xavier. Les cadavres s'alignent derrière eux. La police les traque mais c'est un groupe de jeunes fascistes qui trouvera Jordan et le torturera si savamment qu'il en mourra.

Ce film est le deuxième de la trilogie "Teenage Apocalypse" avec Totally F***ed Up (1993) , The Doom Generation , Nowhere (1997). Le titre est inspiré de Doom, jeu vidéo créé en 1993, archétype des jeux de tir à la première personne développé par id Software.

Le film se signale avant tout par le visuel, des décors, des cadrages et un montage hyperstylisés, nourris de BD et de pop-art. Gregg Araki reprend la tradition des films de couple en cavale, toute une lignée qui part du film de Nicholas Ray et passe par Gun crazy ou A bout de souffle. Le film regorge d'allusions au nombre 666, le "Nombre de la Bête" dans la tradition de l'Apocalypse, et de décors en damier

La force du film d’Araki est celle du rock, loin de la condescendance des films pour jeunes imaginés par Hollywood, Doom parle de l’adolescence aux adolescents avec le langage à la fois naïf et buté, maladroit et idiosyncratique de l’adolescence. Une adolescence plus paumée et plus seule que jamais, délaissés par les parents, entourés d’un monde brutal, les personnages de Doom semblent avoir perdu leur âme, transformés en machines à consommer du sexe, de la musique et de la junk-food, une sorte de vide existentiel.

Gregg Araki déclare
« L’humour et le design du film créent un certain niveau de distance. Je ne me fiche pas du tout de mes personnages, je les aime, je suis de leur côté. Je n’ai pas voulu faire un film à la Sailor & Lula, que je n’aime pas beaucoup. Lynch se moque un peu du genre. Or, c’est mon genre préféré. Il est clair également qu’il se fout de ses personnages. Les films de couple en cavale fonctionnent si le public s’identifie au couple, ce genre est fondé sur la croyance romantique « nous contre le reste du monde ». Le « nous » doit englober le couple, le cinéaste et le public. Si le cinéaste se moque de son couple, tout s’effondre. »

« Mon second degré s’applique essentiellement au monde chaotique et violent qui les entoure. Mais en ce qui concerne leurs relations, leurs émotions, je suis à fond avec eux. Structurellement et esthétiquement, Doom me semble très cohérent. Il est présenté comme un cauchemar ; la fin est juste le cauchemar ultime, donc l’aboutissement logique du film. Cette fin n’est pas un changement de ton gratuit, elle est organique au film. Dès le début, on sent que le chaos est proche ; dès le début, on est dans un monde violent et dangereux. Il était impossible de terminer sur les trois ados roulant tranquillement vers un beau coucher de soleil. »

Distribution

  • James Duval : Jordan White
  • Rose McGowan : Amy Blue
  • Johnathon Schaech : Xavier Red
  • Cress Williams : Peanut
  • Skinny Puppy : Gang of Goons

Fiche technique

  • Réalisation et scénario : Gregg Araki
  • Producteurs : Gregg Araki, Andrea Sperling
  • Durée : 85 minutes
  • Date de sortie : 15 novembre 1995
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