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Carol film britannico-américain réalisé par Todd Haynes, sorti en 2015

Analyse critique

Durant la saison des fêtes de fin d'année, en 1952, Therese Belivet, photographe en herbe, travaille dans un grand magasin de Manhattan. Elle rencontre Carol Aird, une femme riche et séduisante, qui cherche une poupée à offrir à sa fille Rindy. Sous les recommandations de Therese, elle finit par lui acheter un train miniature. Quand Carol s'en va, elle laisse ses gants sur le comptoir. Therese les lui envoie par la poste en utilisant la fiche de vente que Carol avait remplie. Richard, le petit ami de Therese, veut l'emmener en France avec lui et espère se marier avec elle, mais Therese est mitigée concernant sa relation. Un de leurs amis, Dannie, invite Therese dans les bureaux du New York Times, où il travaille, pour lui faire rencontrer un de ses amis, iconographe. Pendant ce temps, Carol traverse un divorce difficile avec Harge, son mari. Carol appelle le centre commercial pour remercier la personne qui lui a envoyé ses gants et invite Therese à déjeuner.

Carol invite Therese dans sa demeure dans le New Jersey. Elle s'arrête pour acheter un sapin de Noël, et Therese prend des photos d'elle. Harge arrive sans prévenir à la maison pour emmener Rindy en Floride pour Noël ; il est suspicieux de Therese car Carol avait déjà eu une aventure quelques années auparavant avec Abby, l'une de leurs amies. Therese est témoin de la dispute. Une fois Rindy partie, Carol, apeurée, emmène Therese à la gare afin qu'elle rentre chez elle.

Carol appelle pour s'excuser et elles se rencontrent de nouveau dans l'appartement de Therese, où Carol lui offre une valise contenant un appareil photo Canon et des pellicules. Carol apprend que Harge compte utiliser le devoir de moralité pour dévoiler l'homosexualité de sa femme et obtenir la garde complète de Rindy. Elle décide de partir en voiture pour échapper au stress du divorce et emmène Therese avec elle. Richard accuse Therese d'être éprise de Carol et que celle-ci se lassera bien vite d'elle. Les deux se disputent et rompent.

Le jour du Réveillon de la Saint-Sylvestre, Carol et Therese s'embrassent et font l'amour pour la première fois. Le lendemain matin, elles découvrent que Tucker avait en fait été engagé par Harge pour obtenir des preuves contre Carol. Celle-ci le menace avec un pistolet, mais il annonce déjà avoir envoyé les preuves à Harge. Carol et Therese s'en vont. Le jour suivant, à Chicago, Therese apprend que Carol est repartie chez elle pour se battre pour la garde de sa fille, demandant à Abby de la ramener chez elle. Abby donne à Therese une lettre de Carol. De retour chez elle, Therese téléphone à Carol, mais sachant qu'elle risque de perdre la garde de Rindy si elle continue sa relation avec Therese, Carol raccroche.

Therese crée un portfolio de ses photographies et obtient un emploi au New York Times. Pendant ce temps, Carol est suivie par un psychothérapeute comme condition du divorce. Pendant un rendez-vous mi-avril avec les avocats chargés du divorce, Carol finit par admettre la vérité et refuse de nier sa sexualité. Pour éviter le tribunal et le scandale public, elle dit à Harge qu'il a le droit de la garde de Rindy tout en insistant sur des visites régulières.

Carol écrit à Therese, et elles se retrouvent dans le restaurant de la Ritz Tower. Carol annonce qu'elle a trouvé un emploi dans un magasin de meubles et qu'elle a acheté un appartement sur Madison Avenue. Therese décline l'invitation de Carol de venir vivre avec elle. Carol dit à Therese qu'elle va rejoindre des associés et qu'elles peuvent dîner ensemble si elle change d'avis. Therese ne dit rien et Carol lui chuchote qu'elle l'aime. Elles sont interrompues par Jack, un collègue qu'elle n'avait pas vu depuis plusieurs mois, et Carol s'en va.

Therese accepte d'aller à une soirée avec Jack mais se rend compte qu'elle n'a de lien avec personne. Elle se dirige alors de nouveau à la Ritz Tower. Elle entre dans la salle à manger et voit Carol à une table. D'abord hésitante, elle finit par marcher vers elle. Leurs regards se croisent et Carol sourit, signifiant qu'elle accepte de vivre avec elle.

Dans Loin du paradis (2002), situé lui aussi dans les années 1950, l’héroïne, totalement dévastée par l’homosexualité secrète de son mari, s’éprenait d’un Noir, ce qui en faisait la risée et la honte de son entourage. Le film était un hommage visible à Douglas Sirk et à son style : Todd Haynes y filmait des êtres constamment soumis aux oukases d’une société pudibonde et tyrannique. Dans ce film, il contemplait la souffrance. Dans Carol, il l’éprouve. Il se glisse dans la peau de ses deux héroïnes, il ressent, coup après coup, les épreuves qu’elles traversent. Chaque mouvement de caméra semble trahir un état d’âme. L’écran est parsemé de couleurs vives : les robes rouges et vertes de Cate Blanchett donnent même à la grisaille de New York des airs de comédie musicale.

Entre la psychologie des personnages et l’art se tissent des liens secrets, Therese, apprentie photographe, se borne, par peur et timidité, à ne saisir dans son objectif que des ciels, des fenêtres et des portes. C’est en voyant, au loin, Carol acheter un sapin de Noël à sa petite fille qu’elle ose, presque instinctivement, appuyer sur le déclic, voler cet instant indiscret. « En travaillant sur le film, déclare Todd Haynes , j’ai relu Fragments d’un discours amoureux, de Roland Barthes. Car le film ne parle que du théâtre fou et solitaire de l’imagination amoureuse. » C’est dans ce pointillisme exacerbé qu’éclate l’invention du cinéaste, la précision de la lumière qu’il exige de son chef opérateur, et la minutie avec laquelle il dirige ses actrices. Chaque geste, chaque sourire, chaque silence qui pourraient agacer, tant ils sont maîtrisés, ne font qu’exprimer les efforts de l’actrice à se plier aux destins du personnage. Pour survivre, Carol doit composer, tricher, exagérer, se déguiser. C’est en soulignant constamment l’artifice que Cate Blanchett parvient à être juste et vraie.

Distribution

  • Cate Blanchett : Carol Aird
  • Rooney Mara : Therese Belivet
  • Sarah Paulson : Abby Gerhard
  • Kyle Chandler : Harge Aird
  • Jake Lacy : Richard
  • Carrie Brownstein : Genevieve Cantrell
  • Cory Michael Smith : Tommy

Fiche technique

  • Réalisation : Todd Haynes
  • Scénario : Phyllis Nagy, d'après The Price of Salt de Patricia Highsmith, publié en 1952 sous le pseudonyme de Claire Morgan.
  • Photographie : Edward Lachman
  • Montage : Affonso Goncalves
  • Musique : Carter Burwell
  • Production : Elizabeth Karlsen, Tessa Ross, Christine Vachon et Stephen Woolley
  • Sociétés de production : Film4 et Number 9 Films ; Killer Films (coproduction)
  • Pays d’origine : Royaume-Uni et États-Unis
  • Durée : 118 minutes
  • Dates de sortie : 17 mai 2015 (Festival de Cannes) ; 13 janvier 2016 (nationale)
Reproduction possible des textes sans altération, ni usage commercial avec mention de l'origine. .88x31.png Credit auteur : Ann.Ledoux