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Une vie meilleure film français, réalisé par Cédric Kahn et sorti en 2012

Analyse

Yann, cuisinier de cantine et Nadia, serveuse de bar de nuit, se rencontrent et tombent amoureux l'un de l'autre. Nadia garde seule un fils de 9 ans. Ils se lancent dans un projet de restaurant au bord d'un lac. Leur rêve d'entrepreneur se brise rapidement. Criblé de dettes, le couple a du mal à joindre les deux bouts. Ils font des erreurs de gestion et tombent sous la coupe de petits escrocs. A cause de tous leurs problèmes financiers, les deux jeunes gens ont de plus en plus de mal à se comprendre. L'amour donne des ailes que l'implacable réalité économique ne tarde pas à couper. Des normes de sécurité non respectées et voilà l'ouverture du restaurant flambant neuf repoussée sine die. A force de tirer le diable par la queue, le couple finit par tomber dans l'engrenage du surendettement. Le banquier, l'assistante sociale, le marchand de sommeil défilent alors. Le film alors le récit minutieux d'une lente descente dans l'échelle sociale. Pour la satisfaction de voir le restaurant bondé de monde et l'effervescence des cuisines, il faudra repasser. Nadia, contrainte d'accepter un travail à l'étranger, confie provisoirement son fils à Yann. Bientôt, elle ne donne plus de nouvelles.

Malgré les dettes qui s'accumulent, Yann continue aveuglément d'y croire. C'est l'une des perversions du capitalisme moderne : il dévore aussi les plus démunis qui croient en lui. Sa compagne, Nadia, tente de le raisonner, rien n'y fait. Leur couple est pris à la gorge, chaque euro dépensé entame leur capital de survie. Le réalisateur le signifie clairement en chiffrant l'injuste prix des choses, de la crêpe au Nutella (2,50 euros) à l'objet de culte qu'est la paire de baskets (109,99 euros), jusqu'à la location d'un taudis (400 euros). Le scénario enchaîne un peu mécaniquement ces coups du sort. Le travail de Guillaume Canet masque cette raideur jusqu'à la faire oublier. De séquence en séquence, on observe avec intérêt, passion parfois, la métamorphose du jeune homme arrogant qui bientôt ne peut plus compter que sur son intégrité pour lutter contre l'adversité.

Si le film décrit une dégringolade sociale, il montre aussi un homme qui se débat, de Paris à Saint-Denis, des Sables-d'Olonne au Canada. S'arrêter, ce serait céder, se résigner. Le personnage interprété par Guillaume Canet est naïf, mais il possède quelque chose de rare par les temps qui stagnent : une énergie tendue vers un idéal.

Le film évite un bon nombre d'écueils. Grâce à son souci de réalisme documentaire : toute la partie dans le squat de Saint-Denis fait penser à Ken Loach, à son regard sur la pauvreté. Grâce à sa direction d'acteurs, aussi : Guillaume Canet est plus que convaincant en tête brûlée.

Les rapports à l’abandon et à l’enfant évoqués dans ce film ont ému Guillaume Canet qui a immédiatement accepté de faire partie du casting. Certains affirment déjà qu’il y interprète le rôle le plus profond de sa filmographie. Le choix premier de Cédric Kahn de voir Leïla Bekhti incarner Nadia avait par la suite été remis en question en raison d’un possible manque de crédibilité dans ce rôle de mère. On ne peut que saluer la décision finale, puisque Leïla joue parfaitement ce rôle. Sans tomber dans les clichés, Une vie meilleure aborde un thème actuel en mêlant tristesse et espoir.

Cédric Kahn a voulu tirer le portrait d'une société qui ne propose pour modèle que la réussite individuelle. Autour de Yann, les personnages secondaires semblent souvent n'avoir d'autre raison que de fournir un argument à la polémique : le banquier qui n'a d'autre souci que de placer ses prêts, la travailleuse sociale qui ne peut qu'annoncer les inévitables catastrophes. Leïla Bekthi elle-même, dont le personnage est mieux défini, n'échappe pas à cette vision délibérément schématique. Seul le jeune Slimane Khettabi parvient à sortir Guillaume Canet de sa magnifique solitude. L'indignation qui inspire le récit donne son rythme au film. Aux meilleurs moments (les duos entre Yann et Slimane, par exemple), Cédric Kahn et Guillaume Canet parviennent à conjuguer cette indignation et l'émotion brute d'un drame qui bouleverse une fois pour toutes l'existence d'un homme.

Distribution

  • Guillaume Canet : Yann
  • Leïla Bekhti: Nadia
  • Slimane Khettabi : Slimane
  • Abraham Belaga : marchand de sommeil
  • Nicolas Abraham : entrepreneur
  • François Favrat : banquier
  • Brigitte Sy : femme bénévole surendettement
  • Fayçal Safi : acolyte marchand de sommeil

Fiche technique

  • Réalisateur: Cédric Kahn
  • Scénaristes: Cédric Kahn , Catherine Paillé
  • Musique originale : Akido
  • Photographie : Pascal Marti
  • Montage : Simon Jacquet
  • Durée : 110 min
  • Date de sortie : 4 janvier 2012
Reproduction possible des textes sans altération, ni usage commercial avec mention de l'origine. .88x31.png Credit auteur : Ann.Ledoux